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Culture  

Gainsbourg, côté pile, côté femmes

Jusqu'au 15 mars 2009, la Cité de la Musique raconte Gainsbourg l'artiste, celui qui écrivit plus de 600 chansons se cacha souvent derrière les femmes pour faire entendre sa voix.

Gainsbourg, côté pile, côté femmes © Photographe : Louis Joyeux - Copyright : INA
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Jusqu'au 15 mars 2009, la Cité de la Musique raconte Gainsbourg l'artiste, l'homme aux 600 chansons, qui se cacha souvent derrière les femmes pour faire entendre sa voix.

Jamais on ne l'a vu si complexe, Serge Gainsbourg. Pour une jeunette comme moi, Gainsbourg, c'était le provocateur mal rasé et alcoolique qui s'épanchait sur le fessier de la toute jeune Whitney Houston. L'exposition qui lui est consacrée à la Cité de la Musique a le mérite de remettre Gainsbourg l'artiste, le musicien, le compositeur, le parolier, le chanteur, l'acteur, le réalisateur sur le devant de la scène grâce à des extraits d'archives audiovisuelles, des objets personnels, des manuscrits à l'écriture indéchiffrable...

Gainsbourg commence en Tandem

Là, un constat s'impose. La carrière de Gainsbourg, c'est un carnet de bal. Juliette Greco, Isabelle Adjani, Françoise Hardy, Mireille Darc, Lio, Catherine Deneuve... Amusez-vous à les retrouver sur les 300 pochettes de disques qui tapissent un mur entier de l'exposition. Sa technique ? En plus d'être prolifique, Gainsbourg n'a pas suivi la mode. Comme Yves Saint-Laurent, il l'a créée.

Laid, il écrit et compose pour des femmes belles, souvent actrices et qui ne connaissent rien à la musique. Il les voit dangereuses, destructrices, libres comme Brigitte Bardot ? ll fait chanter à BB, Bonnie&Clyde, entre autres, avant de se faire éjecter par la belle qui "n'a besoin de personne hors Harley Davidson". Inconsolable, il sort dans la foulée Initials BB et jette sur le papier une chanson rimant en "ex" (Comment te dire adieu) pour la discrète Françoise Hardy.

... puis varie sur le même t'aime

Gainsbourg a aussi un goût certain pour les ingénues, les lolitas comme l'idole yéyé France Gall, Jane Birkin, Vanessa Paradis, Bambou et Charlotte, sa propre fille. Il se délecte de choquer en mettant du sex appeal dans ses chansons. Dans les années 1960, France Gall, chante Les sucettes sans penser à sa signification sensuelle et finit morte de honte. Tandis que Jane Birkin, beaucoup plus cool avec son physique de garçonnet, soupire Je t'aime... moi non plus, L'histoire de Melody Nelson, 69, année érotique. Dans les années 1980, c'est Charlotte qui s'y colle, frimousse boudeuse, vêtements trop grands et voix perchée avec Lemon incest.

Stefan de Jaeger-Portrait de serge Gainsbourg, 1981

Finalement, Gainsbourg, c'est un piège à filles ?

Presque. La clé, c'est la dame en noir, Barbara, qui la donne dans un extrait d'émission télévisée. Elle parle du "désespoir" de Serge Gainsbourg et de sa "peur des femmes". Et c'est donc ça ! Nous, on aime les poètes maudits, ténébreux, les gars qui font semblant d'avoir le contrôle, les écorchés, les irrécupérables, les sensibles, ceux qui se cachent pour pleurer. Ceux qui ont un côté homme, l'autre côté femme.

Gainsbourg 2008Jusqu'au 15 mars 2009Cité de la Musique 221 av Jean Jaurès, Paris 19èmeEntrée : 8 euros (plein tarif), 4 euros (tarif réduit) www.cite-musique.fr

Vous en voulez encore ? Voici une autre expo sur Gainsbourg !

Le poinçonneur des Lilas a 50 ansDu 14 novembre au 18 janvier 2009.La Maison Folies Moulin47/49 rue d'Arras, Lille www.50anspoinconneur.online.fr

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