Contribution de
Olivia_R
sexo-psycho   Mince Alors !  

Help ! On me reproche d’être trop mince

Mince, je suis… mince. Sans régime, sans sport, sans rien. A l’heure des mannequins longilignes, on pourrait penser que c’est une chance inouïe et un vrai cadeau de la nature mais pas que ! Je vous propose de découvrir l’envers du décor et ses petites contrariétés.

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L’inconvénient notoire est doute que la minceur qui mecaractérise reflète mon état « boule de stress » permanent. Enrésumé :
- Je peux manger tout ce que je veux ? Oui.
- J’élimine tout ? Oui.
- Est-ce que c’est bon pour la santé ? Non.
Tout est dit. Grossir/faire des réserves en mangeant estquelque chose de normal et de sain. Au lieu de cela, j’ai à mon actif denombreuses carences. Et si j’ai le malheur d’attraper une petite crève de riendu tout, bim ! 4 kilos en moins qui me feront aussitôt passer dans le clandes maigres et que je mettrai plus d’un mois à reprendre. Vraiment réjouissant…

Par ailleurs, une silhouette, aussi filiforme soit-elle,s’entretient. C’est-à-dire que je pourrais être mince et ne pas faire de sportmais je ressemblerai alors à un truc tout mou et sans aucun muscle. Côtéesthétique, on a vu mieux. Là où le bât blesse, c’est que le sport aussi mefait maigrir. C’est le moment où j’en arrive grosso modo à l’histoire du chienqui se mord la queue.

En dépit de ces petits tracas, être mince sans efforts peutêtre considéré comme joli ou harmonieux car en adéquation avec les magasines demode. Comprendre par là : c’est loin de faire l’unanimité. De ce fait,j’ai forcément des copines un brin hostiles qui :
1) m’envient et me le font savoir limite à chaque foisqu’elles me voient.
2) balancent de petites vannes jalouses bien senties.
3) me considèrent forcément comme une petite chose fragile.
L’ennui, c’est que je n’ai ni envie de parler tout le tempsmon poids, ni de me priver de vivre avec intensité. Et surtout pas d’en faireun sujet qui m’isole malgré moi.

J’ai remarqué, souvent agacée, qu’aux yeux des autres, jen’avais pas « le droit » d’être mince naturellement. Et c’est uncomble. Certaines me cherchent des excuses (tu étais une ancienne grosse, c’estça ?) quand d’autres me demandent inlassablement quel est mon secret. Etbien rien. Aucun secret. Mes parents sont fins, je suis fine. Mes parents sontangoissés, je suis angoissée. C’est si compliqué que ça d’accepter que mon métabolismesoit différent de celui de la plupart des gens ?

L’exemple le plus marquant a été ce dîner entre filles oùj’avais une faim de loup et où, suite au repas, mes « copines » m’ontsuivie aux toilettes espionner si je n’allais pas me faire vomir… J’en suisrestée sans voix tellement je n’y croyais pas. Mais ma faim, à leurs yeux, s’expliquaitforcément par des troubles de l’alimentation.

L’ennui d’être sans cesse comparée à tort aux diktats de lamode est que cela provoque une animosité constante contre laquelle je ne peuxrien faire. Devant moi, il n’est pas rare que les filles s’extasient sur lesrondes et les formes généreuses parce que « c’est ça la vie »,« c’est ça qui plaît aux mecs ». Et le caractère vexatoire de cespetites allusions quotidiennes est aussi évident que si l’on traitait une jeunefemme enrobée de « grosse qui n’aura jamais aucun succès ».

Là où je veux en venir, c’est qu’il n’y a aucun mal, AUCUN,à être mince, ronde ou je ne sais encore. On a toutes une morphologie qui nousest propre et c’est tant mieux car un monde de stéréotypes serait bienennuyeux. Mais par pitié, il faut arrêter de se jauger comme des commères debas étage. Il n’y a pas forcément de raisons à tout alors ne peut-on pass’assumer telle qu’on est d’une part, et avoir un regard bienveillant sur lesautres également même si elles ne sont pas à notre image ?

Me tacler gratuitement parce que je suis mince « commedans les magasines », c’est aussi insultant que de dire à cette filleronde que c’est de sa faute « parce qu’on la voit toujours en train demanger des sucreries ». Juste stop. Pour nous toutes. Merci.

Et vous, un avis sur la question ?

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