Contribution de
Anna-Ka
Mince Alors !   sexo-psycho  

Je n’ai pas envie d’être une princesse !

Je ne suis pas une princesse et je le revendique.

Je n’ai pas envie d’être une princesse ! © Walt Disney Pictures
fezzrzr
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Pour peu que l’on aime porter des robes et que notre dressing contienne 2 ou 3 accessoires àpaillettes, les hommes ont tendance à dire « cette fille est uneprincesse ». Et là, je m’offusque forcément.
1) Parce que c’est parfois une réflexion bienpéjorative : sous entendu, je suis une garce hautaine.
2) Parce que l’image qu’ils se font de la princesse –soncôté gentille fifille et ses bonnes manières inclus, est au moins aux antipodesde ce que je suis. Pour preuve : moi petite, je rêvais d’être une sorcière…

Sérieusement, n’y a-t-il pas plus rasoir qu’uneprincesse ? C’est lisse, c’est beau, c’est politiquement correct. Et plusconcrètement, c’est ennuyeux à mourir. Comment aurais-je envie d’êtrecela ?

Les hommes qui pensent que nous sommes des princesses prennentune sacrée claque lorsqu’ils nous découvrent finalement au sein de la vie decouple. Car dans l’idée, la fille des années 2010 ressemble d’avantage à l’héroïned’une BD de Pénélope Bagieu qu’à une boule de gentillesse engoncée dans unerobe à frou-frou. Et c’est tant mieux.

Je me souviens encore de « Gentleman bidon » quime prenait pour une princesse parce que les premiers rendez-vous et autresweek-ends en amoureux n’auraient pu ternir cette image. La fille, cheveux auvent, qui apparaît dans un beau coucher de soleil d’été ? C’était moi. Qu’ellene fut pas sa surprise alors de découvrir que dans la vie, la vraie :
- Je ne chante pas en faisant le ménage, ni ne souris. Non.Mais je râle grave.
- Je ne perds aucune pantoufle de vair après unesoirée : en revanche, je gagne en ampoules.
- Le baiser pour me réveiller est uniquement voué à meramener sur terre après une grosse cuite. Et il sent l’alcool à plein nez.
- Avoir de nombreux enfants n’est pas ma fin heureuse maismon pire cauchemar et le paradis des vergetures.
- Je ne tends jamais l’autre joue pour me fairegifler sans blague; je rétorque plutôt. Surtout avec les méchantesbelles-mères.
- Le dimanche, je troque mes robes non pas pour de plusbelles mais pour le confort de mes vieux pantalons de yoga.
- Il n’y a pas de jolis petits oiseaux qui me suivent lorsde mes déplacements. Tout au mieux, ce sont des pigeons.

C’est un fait. La fille des temps modernes n’est pas untruc Disney. La fille des temps anciens pas d’avantage, à bien y penser. Et jetrouve ça terriblement agaçant que ces messieurs frôlent la déception parce quenous ne correspondons pas à l’idée qu’ils se font de la perfection. Quecroient-ils au fond ? Que nous naissons sans nécessité de nous épiler, quemême après un marathon nous n’avons pas besoin de nous doucher et que lagastro, c’est pour les faibles ?

Et bien désolée. La réalité est peut-être un peu plusglauque mais elle, au moins, ne fait pas semblant. Elle ne manque ni de piquantni de caractère. Elle est pleine d'éclats de colère en public, d’éclats de rirepas discrets, de gros mots. Elle sait être glamour mais aussi sauvage, crue,indomptable. Et elle vaut bien mieux que tous les univers aseptisés du monde,n’en déplaise à certains.

D’ailleurs, j’ai tendance à me méfier des hommes qui me traitenttrop comme une princesse. Passé le premier effet Kiss Cool, la galanterie poussée à outrance possède toujours cepetit quelque chose d’un peu suspect. Et moi, les chevaux blancs et les machosqui voient seulement en moi un bel objet, je les envoie balader !

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