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Jeux en ligne: le cauchemar de la cyberdépendance croît en Europe

Un jeu video en ligne au pied du sapin de Noël, puis la dérive rapide dans le virtuel d'un adolescent épanoui: face à ce scénario catastrophe, les sociétés européennes s'alarment d'une nouvelle "maladie" pour laquelle les moyens thérapeutiques manquent.

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Un jeu video en ligne au pied du sapin de Noël, puis la dérive rapide dans le virtuel d'un adolescent épanoui: face à ce scénario catastrophe, les sociétés européennes s'alarment d'une nouvelle "maladie" pour laquelle les moyens thérapeutiques manquent.

 

Selon une récente étude germano-britannique publiée en 2007, plus d'un joueur régulier sur dix montre des signes de dépendance.

 

Même si ces pratiques excessives concernent davantage l'Asie, où la culture du jeu en ligne est très développée, les experts considèrent en France comme en Allemagne que 1% à 2% des joueurs de "jeux en ligne massivement multijoueurs" (MMOG), des jeux de simulation sans fin, ont une pratique de nature pathologique, avec un impact négatif sur leur vie sociale.

 

En moyenne, les joueurs invétérés s'adonnent 35 à 40 heures par semaine aux jeux en ligne, selon des estimations.

 

En France, près de 60% des joueurs reconnaissent cependant avoir déjà joué une fois au moins pendant dix heures d'affilée et 5% déclarent passer plus de 30h par semaine dans le monde virtuel, selon une étude récente du "Forum des droits sur l'internet", organisme français de régulation de l'internet.

 

On reste généralement loin toutefois des 50 heures d'affilée ayant coûté la vie à un joueur compulsif sud-coréen de 28 ans dans un cybercafé en 2005.

 

Selon nombre d'experts, le critère pour évaluer une pratique pathologique de jeux en ligne n'est pas tant le nombre d'heures mais bien la rupture du lien social dans la réalité.

 

"Contrairement aux formes de dépendance liées à des substances, la dépendance aux jeux en ligne est reconnue dans la société comme une faiblesse morale mais non pas comme une maladie", souligne Jakob Hein, responsable du service d'addictologie à l'hôpital La Charité à Berlin.

 

Pourtant cette dépendance "entraîne des problèmes similaires dans les familles comme dans l'économie" et mériterait que les autorités la traitent "sur le même plan" que les autres en terme de prévention et d'intervention, selon lui.

 

En Allemagne, le diagnostic de dépendance aux jeux n'est pas reconnu par les caisses d'assurance maladie, et les centres de thérapie spécialisés se comptent sur les doigts d'une main.

 

Dans son cabinet, ce psychiatre allemand entend des parents dire "préférer voir leur progéniture jouer sur internet plutôt que de fumer du cannabis".

 

"La plupart des spécialistes admettent qu'il est temps de prendre au sérieux les questions de cyberdépendance", indique le professeur Jean-Luc Vénisse, chef du service d'addictologie à l'hôpital de Nantes.

 

Et "ils s'accordent à dire que ne sont ni les jeux d'action ni les jeux de réflexion mais bien les jeux de simulation, en particulier les jeux de rôle multijoueurs MMORPG (...) qui comportent le plus de risques de dérive addictive chez des sujets fragiles".

 

Ces jeux continuent à évoluer en l'absence du joueur qui a alors le sentiment d'être en manque lorsqu'il n'est plus connecté ou exclu par le reste de la communauté de joueurs.

 

"World of Warcraft", l'un des jeux les plus susceptibles de créer de la dépendance, compte plus de 9,3 millions d'abonnés dans le monde.

 

Cette dépendance comportementale, qui s'installe peu à peu, est révélatrice de certains malaises (échec scolaire, manque de valorisation de soi etc...). Dans un monde parallèle, les joueurs trouvent un entourage social virtuel, des règles claires et un système de récompense et de sanctions qui leur fait défaut au quotidien.

 

Le phénomène ne concerne pas seulement les adolescents mais aussi les cadres, pères et mères de famille ou les personnes âgées, selon Laurent Baup, juriste au Forum des droits sur internet.

 

Quand faut-il tirer la sonnette d'alarme? "Dès le moment où on commence à s'interroger, c'est qu'on aurait dû réagir depuis longtemps", estime le psychiatre Jakob Hein.

 

Ironie du sort, c'est souvent sur les plateformes internet que les parents de joueurs dépendants cherchent conseils et soutien.

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