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Olivia_R
Culture  

Mad About The Boy, le Bridget Jones de trop ?

Alors que j’avais lu et relu "Le Journal de Bridget Jones" et "L’Age de Raison" il y a une bonne dizaine d’années, Helen Fielding remet au goût du jour sa célibattante gaffeuse dans un nouvelle opus : "Folle de Lui". Pour ma part, je ne sais pas si j’ai encore envie d’en rire ou d’en pleurer…

Mad About The Boy, le Bridget Jones de trop ? © Albin Michel ©
fezzrzr
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Donc voilà, je l’ai lu ce fameux Folle de Lui. Endépit de tout ce que j’avais entendu de négatif, de l’ignominie de tuer MarkDarcy et de la bizarrerie de faire de l’héroïne une cougar écervelée, je suispartie sans aucun a priori. Et sanssonger une minute à Jane Austen puisque les aventures de Bridget Jones,librement inspirées d’Orgueil et Préjugés se sont, semble t-il,éloignées quelque peu du roman initial. Mais même avec cet état d’esprit là, jen’ai pas du tout accroché et je vous explique pourquoi :

Il y a 10 ans, que l’on soit célibataire-trentenaire ou pas,le personnage nous touchait. Qui n’a jamais vécu un grand moment de solitude,je vous le demande ? Les gaffes de la demoiselle, ainsi que ses envies, généraientà elles seules un processus d’identification. Et c’était sympa de s’yretrouver.

Car c’est un fait : la plupart d’entre nous ontégalement essuyé grand nombre de rencards foireux, de moments ratés, de culottegéantes et de déceptions suivies de remises en questions passablementmaladroites. Du dimanche à traîner en pyjama anti-sexe à la reprise pasconvaincante du sport, des soirées où la vodka est notre seule alliée au faitd’être la pire cuisinière que la Terre n’ait jamais portée, il y avait del’humanité dans cette Bridget là. De l’authenticité. Et de la peur de finirseule. Comme dans chaque fille au fond.

Enfin le duo Daniel Cleaver/Mark Darcy était l’atout-clé desromans comme des films et leurs bagarres désordonnées assurément aussi.

Et puis d’un coup, plus rien. Ce Folle de Lui estcreux et cherche de vaines raisons pour exister. On y retrouve une quinqa tellequ’on l’avait quittée, guère plus mature et saturée de problèmes existentiels.Une nana pas crédible en quelque sorte mêmes si lesdits problèmes existentielsne sont plus tout à fait les mêmes ici. Et un premier constat un brinaffligeant pour le futur de toute femme qui se respecte.

L’ennui est que les situations qui fonctionnaient àmerveille sur la Bridget de 30 ans n’ont pas le même effet sur celle de 50.Nous sommes supposées évoluer (surtout avec un mari aussi édifiant que Darcy,fichtre !), apprendre de nos erreurs. Mais là, c’est tout l’inverse. Et jene parle même pas de l’évocation perpétuelle au sein du roman des réseauxsociaux qui donne une certaine impression de « il faut être à lapage ». On frôle vraiment le ridicule.

Par ailleurs, la tristesse a succédé à l’humour. Même sicertains passages demeurent encore drôles ou pétillants, la mort de Mark Darcy (nonmais le héros quoi !!) n’était peut-être pas le choix le plus pertinent.Au pire, elle aurait pu le tromper non ? Car comment rester crédible etproche de son public avec une héroïne veuve, toujours aussi empotée etaccessoirement cougar complètement naïve? Le processus d’identification enprend un sacré coup. Et si certaines s’y reconnaîtront forcément, elles serontjuste bien moins nombreuses…

De fait, ce livre n’est qu’un ramassis de péripéties,parfois un tantinet agréables, mais qui nous mènent on ne sait trop où. Ici, onaborde la question de l’éducation des enfants, là, une sexualité débridée.M’est avis qu’il fallait traiter plein de thème un peu « in » pourrester dans la tendance. Sauf que ça sonne faux. C’est un roman qui fait duremplissage et qui, par-dessus le marché, ne privilégie pas l’intelligence dela femme. Je sais bien qu’il s’agit de chick-litt mais tout de même… Nepouvait-on pas s’épargner une ruine pareille ?

Et surtout, puisqu’on aimait Bridget en célibattantefantaisiste et qu’elle avait finir par décrocher son happy end, ne valait-il pas mieux la laisser ainsi ?

Reste qu’un film serait à prévoir, sans Darcy donc, etapparemment sans Hugh Grant pour jouer Daniel Cleaver non plus. Ca donneenvie. 

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