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Pourquoi je n'aurais jamais du aller voir Mommy un dimanche de pluie ?

"Tiens, si on allait voir Mommy ?" J'étais passé à côté du pitch malgré le ramdam sur le film depuis Cannes et n'en avais pas vu d'autres de Xavier Dolan. "Je te préviens ça dure deux heures quinze !" "Ah ! .... Bon d'accord."

Pourquoi je n'aurais jamais du aller voir Mommy un dimanche de pluie ? © copyright
fezzrzr
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La salle est pleine au mk2 Quai de Loire, j'avoue que j'ai toujours un petit sentiment d'angoisse quand j'entre dans une salle pleine, sentiment qui s'en va, si le film est bon.

Bon, voilà qu'il commence, le film. Tiens drôle de format, l'image est en mode portrait, c'est chouette, c'est étrange. Première scène, Anne Dorval, la comédienne principale, excellente au demeurant, commence à parler et là, je commence a regretter ma venue, je n'aime pas l'accent québécois, je trouve que ça ôte tout crédit, toute "glamouritude" à ceux qui l'emploient. Je sais c'est pas sympa, mais je dis ce que je pense. En plus au delà de la laideur, c'est pire que de regarder un film en chinois, on comprend quelques mots, donc on s'y attache, et du coup on a pas le temps de lire les sous-titres. Bref ça commence mal.

Et puis, et puis on commence à s'habituer parce que l'image est tellement belle, les comédiens sont tellement bons. Mais on ne sait pas pourquoi, on s'ennuie quand même. On adore ces plans comme celui  où Steve (Antoine Pilon), fend la ville sur son longboard. Le problème, c'est l'accumulation de ces plans, le film est suspendu, étiré, chaque scène dure, dure. Et moi je regarde ma montre. Et en même temps, je suis prise dans le film, et malgré tout le temps ne passe pas. Une sensation bizarre, mais on s'attache aux personnages, tout en ayant envie que ça s'arrête.

Et là, c'est la scène qui tue (que je ne vais évidemment pas raconter), la scène qui fait qu'à partir de ce moment, on (je) commence à avoir du mal à respirer. Une angoisse qui monte. J'avais pourtant l'impression de ne pas rentrer dans le film. Et si toutes ces scènes allongées, lentes, décomposées n'étaient là que pour faire monter la pression, que pour créer le malaise.

Et bien si c'est ça, c'est réussi ! On a juste hâte de quitter la salle. On en sort quasi en courant pour retrouver son souffle et la pluie sur le canal. Et là on se dit qu'on aurait mieux fait d'aller voir Nicky de Saint-Phalle même si indéniablement on a vu un bon film.

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