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Pleurer au cinéma

Pleurer au cinéma

Il y a deux sortes de gens sur terre, il y a ceux qui pleurent au cinéma, et ceux qui font semblant de ne pas pleurer.

Parce que oui, en réalité, à un moment ou à un autre tout le monde paye sa petite larme au cinéma. C’est mécanique. Certains auront beau vous dire « Ah moi, jamais ! », ils vous mentent, eux aussi ils pleurent, mais ils font tout pour planquer ça, on y reviendra.Les premières larmes au cinéma remontent forcément à l’enfance. Mais comment peuvent-ils faire mourir la maman de Bambi ? Mais pourquoi faut-il absolument que Benji se fasse dégager à coups de cailloux ? On notera que les larmes sortent souvent à la mort d’animaux quand on est enfant...

Plus tard, on aura certes du mal à accepter que Patrick Swayze et Demi Moore ne puisse communiquer qu’en se soufflant dessus, mais les larmes seront aussi là pour accompagner des grands moments de bonheur au cinéma, des retrouvailles, des beaux sentiments un amour incommensurable qui crève l’écran. Allez savoir si dans ce cas on pleure devant la simple beauté du moment, ou devant notre propre incapacité à ne pas reproduire ce type de bonheur rêvé… Vous avez quatre heures.

Pour certains, c’est systématique. Chaque film est matière à pleurer. Dans beaucoup de cas on pourra imaginer que c’est une occasion de relâcher ce qu’on retient chaque jour dans notre vie. Les nerveux avides de contrôle auront même parfois tendance à inonder leurs joues dès la lumière de la salle éteinte, une manière de se laisser aller, une fois.

Quand on va au cinéma et qu’on pleure, on s’autorise à extérioriser ses peurs et ses angoisses en les transposants sur les acteurs. 
Mais pourquoi se cacher ? On se cache parce qu’on se sent bête, justement parce qu’on pleure sur du faux, on pourrait laisser croire aux gens qu’on est tombé dans le piège de la mise en scène, et que hey, non, c’est pas possible un truc pareil, on est trop fort que ça.
Adolescent, c’est d’ailleurs un vrai combat (pour les garçons en particulier) de ne pas pleurer.
Alors on respire fort, on essaye de penser à autre chose, on retient les larmes, mais les yeux rougissent fort, alors on ment un peu en disant qu’on s’est endormi, qu’on a baillé, mais que non, aucune larme n’est venue illustrer l’incroyable poussé émotionnelle ressentie durant ce film.

Et pourtant à l’intérieur, on est en larmes.

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