Fast fashion : j’ai arrêté net pendant 3 ans, et ce que j’ai compris sur 90 % de mes achats fait peur

Publié le Par Rédaction Elle adore
Fast fashion : j’ai arrêté net pendant 3 ans, et ce que j’ai compris sur 90 % de mes achats fait peur © Reworld Media

Analyste en finance installée en France, elle a arrêté la fast fashion du jour au lendemain il y a trois ans. Ce qu’elle a compris sur ses achats compulsifs pourrait bien vous surprendre.

En France, de plus en plus de jeunes disent vouloir freiner leurs achats de vêtements neufs, et même arrêter les marques de mode jetable. Selon une étude de ThredUp citée par Air of Melty, près de 40 % des 25-34 ans envisagent de délaisser ces enseignes. Derrière ces bonnes résolutions se cache pourtant une réalité intime, que cette analyste en finance a découverte en coupant net la fast fashion il y a trois ans.

Tout a commencé dans une cabine d’essayage, devant une robe qu’elle possédait déjà en deux couleurs. La fermeture éclair s’est bloquée, elle a éclaté de rire, reposé le vêtement, quitté le centre commercial. Quelques semaines plus tard, elle résumait le choc ainsi : « Ce que j’ai découvert, dans les semaines qui ont suivi, c’est que 90 % de ce que j’achetais ne m’était en réalité jamais nécessaire – j’avais seulement besoin du sentiment d’achat ». Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.

Arrêter la fast fashion : quand le shopping sert à tenir debout

Pendant des années, chaque semaine difficile se terminait pour elle par une commande en ligne ou un passage chez H&M ou Zara. Récompense, réconfort, célébration : tout passait par la carte bancaire. Elle l’explique sans détour : « Ce que j’ai découvert après avoir brisé ce schéma, c’est que la fast fashion était devenue mon système de régulation émotionnelle ». Les vêtements n’étaient qu’un outil pour calmer stress, solitude ou anxiété.

Les neurosciences lui ont donné un langage pour ça. « Les vêtements n’ont jamais été le sujet. Ce qui comptait, c’était la montée de dopamine au moment où je cliquais sur « acheter » », raconte-t-elle. Les études montrent que l’attente du colis active les mêmes circuits de récompense que d’autres comportements addictifs. Or cette compulsion individuelle s’additionne à une crise globale : selon Verticus, en Europe, 5,8 millions de tonnes de textiles sont jetées chaque année.

Trois ans sans fast fashion : un dressing 70 % plus léger, 100 % porté

Le premier mois sans achat n’a pas été difficile pour s’habiller, mais pour gérer les émotions. Le dimanche après-midi, l’envie d’« aller au centre commercial » cachait en réalité un malaise bien plus simple : la solitude. Elle a commencé à observer ses déclencheurs – achats surtout entre 21 h et 23 h, après des journées épuisantes ou des sessions de scroll sur Instagram.

En parallèle, elle a ouvert vraiment son placard. Elle a donné sac après sac, parfois avec les étiquettes encore accrochées. Aujourd’hui, son dressing ne contient plus qu’environ 30 % de ce qu’il renfermait, et elle porte 100 % de ses vêtements. D’après les chiffres de Le Relais France cités par Marie France, 130 000 tonnes de textiles sont collectées chaque année : chaque robe en moins qui entre dans un placard, c’est aussi un futur déchet en moins à gérer.

Sortir de la fast fashion sans se priver : apprendre à vivre avec le désir

Pour tenir, elle a adopté une règle des 24 heures sur tout achat non essentiel, parfois étendue à 30 jours. Entre le moment où l’envie surgit et l’éventuel achat, elle remplit le vide autrement : courir, jardiner, appeler une amie. « J’ai commencé à traiter ces émotions directement au lieu d’acheter pour les contourner », confie-t-elle.

Peu à peu, son entourage a remarqué ce changement. « Vous semblez plus vous-même ces derniers temps », a dit l’un d’eux. Elle ne cherche plus à prouver sa réussite par les sacs de shopping, mais par le temps qu’elle consacre aux autres ou au bénévolat. Un matin, en terrasse, elle réalise qu’elle ne sort même plus son téléphone pour regarder les nouveautés : « Juste un samedi matin, une tasse chaude, et dix minutes à ne rien désirer ». C’est peut-être ça, le vrai luxe après avoir arrêté la fast fashion.

En bref

  • Analyste en finance, elle explique comment, il y a trois ans, la décision d’arrêter la fast fashion a bouleversé sa façon d’acheter des vêtements.
  • En observant ses déclencheurs émotionnels, elle remplace les achats compulsifs par d’autres rituels et réduit drastiquement la taille de son dressing.
  • Son récit mêle introspection, impact écologique de la mode jetable et pistes pour sortir de la fast fashion, avec à la clé des bénéfices inattendus.