Si vous prenez toujours la personne la plus calme pour la plus froide, les psychologues disent l’inverse

Publié le Par Rédaction Elle adore
Si vous prenez toujours la personne la plus calme pour la plus froide, les psychologues disent l’inverse © Reworld Media

Au bureau comme en famille, on admire ou on soupçonne ces forces tranquilles qui ne haussent jamais le ton. Que cache réellement leur calme en apparence imperturbable ?

Dans beaucoup de réunions, de dîners de famille ou de conversations tendues, il y a cette personne dont la voix ne monte pas et dont le visage reste posé. Autour, les émotions débordent, les réponses fusent. Certains y voient un manque d’implication, d’autres une forme de froideur. Pourtant, la psychologie décrit ici tout autre chose que de la simple indifférence.

Ces personnes calmes ressentent beaucoup, parfois plus que les autres. Comme le résume un essai publié sur le média américain VegOut, « les personnes les plus calmes dans une pièce ne sont généralement pas détachées ou indifférentes. Elles ont simplement cessé de traiter chaque émotion comme quelque chose qui exige une réponse immédiate ». Les travaux repris par Psychology Today parlent de régulation émotionnelle : laisser l’émotion se poser avant de décider quoi en faire.

Personnes calmes : pourquoi leur silence n’est pas de l’indifférence

Les clichés rangent souvent le monde en deux cases : les gens réactifs, supposés sensibles, et ceux qui restent lisses, jugés froids. L’essai de VegOut rappelle pourtant que la femme qui encaisse une remarque piquante pendant un repas de famille la ressent pleinement, mais choisit de ne pas lui donner aussitôt un micro. Un article de L’Internaute sur la « force tranquille » en crise insiste : ces personnes ressentent autant, voire plus, que les autres.

Pour les psychologues cités par Psychology Today et Neuroplenitude, tout se joue dans la façon de traiter ce flux intérieur. La suppression, c’est quand on serre la mâchoire, que l’on ravale et que l’on emporte tout chez soi. La réévaluation, décrite dans l’essai de VegOut, consiste à laisser colère ou peur se déposer puis à se demander ce qu’elles disent vraiment. « La suppression use les gens. La réévaluation ne le fait pas », rappelle l’essai.

Ce qui se passe vraiment à l’intérieur d’une personne très calme

L’essai publié sur VegOut décrit une scène familière : une tante lâche une phrase cruelle, l’air se fige une demi seconde, et la personne la plus tranquille parle de la météo. De l’extérieur, on dirait qu’elle n’a rien entendu. En réalité, elle a déjà identifié la pique, l’émotion qui monte et la vieille histoire familiale derrière, mais elle choisit de ne pas répondre dans ces quelques secondes où tout peut déraper.

L’essai évoque ce « demi-temps » entre ce que l’on ressent et ce que l’on fait, et les travaux repris dans TIME y voient le cœur de la régulation émotionnelle. Les personnes calmes entraînent ce délai par de minuscules choix quotidiens que décrivent aussi Psychologies ou Culturev : respirer avant de parler, poser le téléphone après un message blessant, marcher quelques minutes, limiter les écrans tard le soir. Leur corps retrouve alors plus vite l’équilibre au lieu d’exploser à la moindre étincelle.

Quand le calme est une force… ou une ancienne stratégie de survie

Des psychologues dont L’Internaute relaie les travaux rappellent qu’un calme impressionnant vient parfois d’une enfance chaotique, où ne pas faire de vagues était une question de sécurité. À l’âge adulte, cette « force tranquille » aide en cas de crise, mais peut empêcher de dire ses besoins. Des approches de respiration et de nommage des émotions, diffusées en France par des praticiens comme Sarra Saïdi, aident à transformer ce calme automatique en calme choisi.

En bref

  • Dans une réunion ou un dîner tendu, la personne la plus calme semble distante alors qu’elle pratique une régulation émotionnelle plutôt qu’une indifférence.
  • Entre la suppression qui ravale tout et la réévaluation cognitive qui transforme le ressenti, ces forces tranquilles cultivent un temps de latence avant de réagir.
  • Habitudes corporelles, histoire personnelle et choix quotidiens façonnent ainsi un calme vivant, parfois hérité d’une enfance chaotique, dont les nuances restent invisibles à l’entourage.