Selon la psychologie, les grands-parents que les petits-enfants adorent ne font jamais cette erreur avec eux
© Reworld Media
À l’heure où de nombreux seniors gardent leurs petits-enfants, la psychologie éclaire le vrai rôle des grands-parents. Et si les plus aimés n’étaient justement pas des parents bis ?
Dans une même famille, certains grands-parents deviennent les confidents naturels des enfants, d’autres peinent à créer ce lien. La psychologie étudie ce décalage. Le chercheur Quinten S. Bernhold a montré que « La communication affectueuse des grands-parents avec leurs petits-enfants est associée à une diminution de la solitude, des symptômes dépressifs et du stress chez les petits-enfants, en particulier lorsque les petits-enfants perçoivent l’avenir de leurs grands-parents comme vaste ». Mais ce lien n’a rien à voir avec le fait d’être un parent en plus.
Les psychologues qui étudient le rôle des grands-parents dans la vie des petits-enfants convergent : les grands-parents véritablement aimés ne cherchent pas à être un autre parent. Ils ont compris que leur place est différente, plus douce, moins focalisée sur la performance scolaire ou le bon comportement. Pour Parents.fr, cette relation fonctionne sans véritable enjeu éducatif, tandis que le site Etregrandsparents.ch parle d’un amour détaché de la responsabilité d’éduquer. Ce recul change tout pour l’enfant, et pour l’ambiance familiale.
Parents et grands-parents : deux rôles qui ne se confondent pas
Pour un enfant, les parents restent les architectes du quotidien : horaires, devoirs, limites, orientation. Ils portent la charge d’anticiper l’avenir, de corriger, de dire non. Les grands-parents, eux, peuvent devenir une base de sécurité supplémentaire, moins pris dans cette obligation de résultat.
Quand un grand-parent se comporte comme un inspecteur des notes ou de la politesse, l’enfant se retrouve pris entre deux feux. Il ne sait plus à qui obéir, redoute de trahir ses parents s’il se confie. Les psychologues parlent alors de conflits de loyauté, avec à la clé plus d’anxiété et parfois une mise à distance du grand-parent trop intrusif.
Les attitudes des grands-parents vraiment aimés par leurs petits-enfants
À l’inverse, les grands-parents aimés par leurs petits-enfants misent sur l’écoute plutôt que sur les solutions. Dans l’article VegOut, un petit-fils confie un problème à sa grand-mère ; elle lui répond simplement : « Ça a l’air vraiment frustrant ». L’enfant ajoute alors : « Merci de ne pas essayer de régler le problème, Mamie. Parfois, j’ai juste besoin que quelqu’un sache que c’est difficile ».
Ces grands-parents-là jouent, cuisinent, bricolent, laissent parfois veiller un peu plus tard, sans transformer chaque moment en leçon. Cette disponibilité émotionnelle rejoint les travaux de Quinten S. Bernhold : la communication chaleureuse réduit la solitude et le stress, surtout quand l’enfant sent que son grand-parent se projette encore dans l’avenir.
Trouver la bonne distance, un bénéfice pour toute la famille
La sociologue Sarah Wellard rappelle que « Les grands-parents jouent souvent un rôle important dans la vie familiale, pourtant cela est ignoré par les décideurs comme par les professionnels. Les changements démographiques, incluant le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de mères en emploi, font que le rôle des grands-parents comme gardiens informels d’enfants devient de plus en plus important ». Important ne veut pas dire identique au rôle parental.
Pour préserver l’équilibre, mieux vaut parler ouvertement avec les parents : demander ce qu’ils attendent, respecter leurs règles, offrir surtout du temps de qualité. Quand un doute surgit, on peut se demander si l’on soutient leur autorité ou si on la remplace. Comme l’écrit la grand-mère de VegOut, « C’est pour ça qu’on est là. Rien de plus compliqué que ça ».
En bref
- Quinten S. Bernhold montre comment le rôle des grands-parents dans la vie des petits-enfants influence solitude, stress et bien-être émotionnel au quotidien.
- Psychologues et sociologues distinguent clairement parents et grands-parents, insistant sur une présence sécurisante sans enjeu éducatif ni volonté de remplacer l’autorité parentale.
- Certaines attitudes d’écoute, de jeu et de transmission douce feraient la différence pour être un grand-parent très aimé, tout en préservant l’équilibre familial.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité