Vous grignotez souvent cette collation au fromage populaire ? Risque de cancer du sein +50 % selon une étude

Publié le Par Rédaction Elle adore
Vous grignotez souvent cette collation au fromage populaire ? Risque de cancer du sein +50 % selon une étude © Reworld Media

Aux États‑Unis, une étude sur plus de 3 000 femmes relie certaines collations au cheddar à un risque accru de cancer du sein. Faut‑il pour autant bouleverser votre assiette de fromage ?

Des titres choc l’affirment : une simple collation au fromage ferait grimper de 50 % le risque de cancer du sein. L’idée vient d’une étude américaine du Roswell Park Cancer Institute, publiée en 2017, qui a analysé la consommation de produits laitiers de plus de 3 000 femmes. Les chercheuses ont comparé les habitudes de patientes atteintes d’un cancer du sein à celles de femmes en bonne santé et ont trouvé certaines associations troublantes.

Dans le détail, ce sont le fromage cheddar et le fromage à la crème de type cream cheese, très présents dans les snacks américains, qui étaient liés à ce fameux +50 % de risque relatif chez les plus fortes consommatrices. Or ces produits, souvent classés parmi les « other cheese » ultra‑transformés, ne ressemblent pas vraiment aux fromages traditionnels que l’on grignote en France. C’est là que les nuances commencent.

Fromage cheddar et cancer du sein : ce que montre vraiment l’étude

Concrètement, les équipes du Roswell Park Cancer Institute ont mené une étude dite cas‑témoins : elles ont demandé aux participantes ce qu’elles mangeaient, puis ont comparé les réponses des femmes malades à celles des autres. Chez celles qui consommaient le plus de cheddar et de fromage à la crème, le risque relatif de cancer du sein apparaissait environ moitié plus élevé que chez les petites consommatrices. Les auteures avancent une piste biologique : les produits laitiers apportent l’hormone IGF‑1, qui stimule la croissance des cellules et pourrait, en excès, favoriser certaines tumeurs.

Mais association ne veut pas dire causalité. Le questionnaire alimentaire repose sur les souvenirs des participantes et ne peut pas effacer l’effet d’autres éléments du mode de vie. En clair, le risque des grandes amatrices de cheddar augmente d’environ moitié par rapport aux petites mangeuses, mais la très grande majorité des femmes ne développera pas de cancer du sein pour autant.

Pourquoi le lien entre fromage et cancer du sein reste incertain

Manveet Basra, Senior Public Health Officer chez Breast Cancer Now, invite justement à prendre du recul : « Malgré cela, et de nombreuses autres études qui cherchent à savoir s’il existe un lien entre l’alimentation ou certains aliments et le cancer du sein, ce lien reste encore flou », explique‑t‑elle. L’étude porte sur des Américaines, grandes consommatrices de produits ultra‑transformés, et ne tient pas parfaitement compte du poids, du tabac, de l’alcool ou de l’activité physique.

Le professeur Walter C. Willett, épidémiologiste à Harvard, l’a résumé lors d’un congrès de l’American Association for Cancer Research : « L’alimentation et le cancer [se sont révélés] plus complexes et difficiles que ce que nous avions imaginé ». Selon lui, l’effet de chaque aliment isolé est souvent faible et noyé dans le « bruit » du reste du mode de vie. En pratique, le profil alimentaire global compte plus que tel ou tel fromage.

Fromage, yaourt, fruits à coque : quelles collations choisir ?

En pratique, on peut garder le fromage en petite portion et varier ses encas. Le yaourt nature, associé dans l’étude à un risque plus faible, reste une option simple. La diététicienne Adeline Loriou conseille aussi les fruits à coque et rappelle que « L’important est de les intégrer dans le cadre d’une alimentation équilibrée et variée ».

Sources

En bref

  • En 2017, le Roswell Park Cancer Institute relie forte consommation de cheddar et cream cheese à un risque plus élevé de cancer du sein.
  • Les chercheurs pointent aussi le rôle possible de l’IGF‑1 et distinguent ces fromages ultra‑transformés des produits laitiers plus traditionnels.
  • Entre yaourt, fruits à coque et portions de fromage, des options de collations existent pour concilier plaisir et prudence face au cancer du sein.