Les psys sont formels : cette vérité sur les adultes sans enfants risque de vous surprendre

Publié le Par Rédaction Elle adore
Les psys sont formels : cette vérité sur les adultes sans enfants risque de vous surprendre © Reworld Media

Pendant que la société répète que seuls les parents mènent une vie accomplie, la psychologie raconte une autre histoire. Que révèlent vraiment les études sur le bonheur, la solitude et l’épanouissement des adultes sans enfants ?

À chaque repas de famille revient la même question : « Et les enfants, c’est pour quand ? » Comme si devenir parent protégeait automatiquement de la solitude, de la tristesse et donnait du sens à toute une vie. Or depuis des années, des études de psychologie comparent le bien‑être des adultes selon qu’ils ont ou non des enfants. Leur verdict contredit nettement cette évidence supposée.

Les recherches de la psychologue Jennifer Watling Neal publiées dans PLOS ONE et un article de VegOut largement partagé aboutissent au même message : « Les personnes qui choisissent de ne pas avoir d’enfants ne sont pas plus seules, plus tristes ou moins épanouies que les parents ». Sur plus de 1 000 adultes du Michigan, les adultes sans enfants par choix affichent une satisfaction de vie équivalente à celle des parents ou des personnes qui voudraient des enfants. La vraie cassure se joue ailleurs : dans un script culturel pronataliste qui continue à présenter la vie sans enfant comme incomplète.

Ce que la psychologie dit du bonheur des adultes sans enfants

Quand des chercheurs comparent parents et non‑parents, ils ne demandent pas seulement « Êtes‑vous heureux ? ». Ils mesurent la satisfaction de vie globale, mais aussi la fréquence des émotions agréables ou pénibles et le sentiment d’avoir une vie qui a du sens. Ces indicateurs permettent de dépasser les images toutes faites, qu’il s’agisse de la famille parfaite ou du célibataire caricatural.

Dans cette étude de 2021, Jennifer Watling Neal résume : « Après avoir pris en compte les caractéristiques démographiques, nous n’avons trouvé aucune différence de satisfaction de vie entre les personnes sans enfant par choix, les parents, les personnes qui n’ont pas encore d’enfants ou celles qui n’en ont pas malgré elles ». Une étude américaine de 2016, citée par VegOut, observait même des niveaux de bonheur un peu plus bas chez les parents. Autrement dit, avoir ou non des enfants ne suffit pas à prédire si une personne sera épanouie.

Solitude et stigmatisation : le vrai coût d’une vie sans enfants

Les données sur la solitude sont contrastées. Une étude parue dans le European Journal of Public Health rapporte que les adultes sans enfants se disent plus souvent seuls que les parents, surtout quand l’absence d’enfant est subie après des difficultés de fertilité ou une rupture. Les psychologues distinguent donc les personnes childfree, qui ne veulent pas d’enfants, de celles qui en voulaient sans y parvenir. Pour les premières, la souffrance vient moins de leur choix que du regard posé dessus. Les auteurs de l’étude PLOS ONE écrivent que « bien que les personnes et les couples sans enfant par choix soient nombreux dans la population, et bien qu’ils soient semblables sur la plupart des points aux autres adultes, nos résultats suggèrent qu’ils peuvent encore être vus comme un groupe extérieur ».

Ce que ces résultats changent pour les parents et les non‑parents

Pour les adultes qui ne veulent pas d’enfants, ces travaux confirment qu’une vie peut être pleinement épanouie sans parentalité, à condition de nourrir d’autres liens : amitiés, couple, engagement, transmission autrement. Pour les parents, ils invitent à poser d’autres questions que « Et les enfants ? » et à reconnaître qu’il existe plusieurs façons d’être heureux, sans que l’une vaille plus que l’autre.

Sources

En bref

  • En 2021, Jennifer Watling Neal analyse 1 000 adultes du Michigan et compare bien‑être, solitude et épanouissement des parents et des personnes sans enfants.
  • Les résultats nuancent l’idée que la parentalité protège automatiquement du vide ou de la tristesse et mettent en avant d’autres facteurs clés du bonheur.
  • Ces travaux invitent autant les personnes sans enfants que les parents à repenser le sens d’une vie réussie et la place des liens sociaux.