Tout le monde se moquait de Crocs : comment cette "chaussure moche" a envahi les rues de France en silence

Publié le ParRédaction Elle adore
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Raillées hier, les Crocs s’imposent aujourd’hui des couloirs d’hôpital aux boulevards parisiens, dopées par la pandémie, TikTok et les podiums. Comment ce sabot en plastique est-il devenu la “chaussure moche” la plus visible de France sans que personne ne l’ait vraiment vu venir ?

Longtemps raillées, reléguées aux couloirs d’hôpital ou au potager, ces sabots en plastique troués se retrouvent aujourd’hui au pied du moindre escalator de métro. Impossible de traverser Paris ou Lyon sans croiser au moins une paire de Crocs aux couleurs criardes. En février 2026, la « chaussure moche » par excellence s’est invitée dans le quotidien des Français.

Il y a encore dix ans, porter ces sabots à l’extérieur revenait presque à commettre un suicide social vestimentaire. Puis la pandémie, le télétravail et la soif de cocooning ont rebattu les cartes, pendant que les podiums et TikTok s’en emparaient. Reste une question qui intrigue : comment ce sabot en mousse est-il devenu partout, si vite ?

De la faute de goût aux sabots de confort Crocs

Créée en 2002 autour d’un sabot léger pensé pour le bateau, la marque américaine Crocs a vite été cataloguée comme la « chaussure la plus détestée du monde ». Avec sa semelle épaisse, son bout rond et ses trous façon fromage suisse, on la cantonnait aux blocs opératoires et aux après-midis jardinage, loin des trottoirs branchés.

Internet s’est ensuite acharné : pendant des années, les sabots en résine ont été détournés en mèmes, synonymes de laisser-aller et d’abandon de toute prétention stylée. Et pourtant, cette détestation massive les a rendus inoubliables. Leur silhouette pataude est restée dans un coin de nos têtes, prête à ressurgir dès que le confort a repris le dessus.

Confinements, haute couture et TikTok : la revanche des Crocs

Quand les confinements ont enfermé tout le monde chez soi, talons aiguilles et derbies rigides ont pris la poussière. Place à la quête absolue de bien-être, du large, du mou, du pratique. Les sabots en résine se sont imposés comme chaussons ultimes, puis ils ont franchi la porte d’entrée pour gagner la boulangerie, le métro, parfois même le bureau.

Les podiums ont achevé de casser le tabou. Demna Gvasalia a fait défiler pour Balenciaga des mannequins juchés sur des Crocs à plateformes, provoquant un véritable séisme médiatique. Dans la foulée, collaborations Shrek, KFC ou Hello Kitty et petits accessoires Jibbitz à clipser ont transformé chaque paire en objet de collection. Sur TikTok, la Génération Z s’est amusée à les styliser, tandis que Justin Bieber ou Post Malone affichaient leurs Crocs, dopant les ventes mondiales. La marque a atteint 2,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021, soit une hausse de 67 % sur un an, et vise 5 milliards de dollars en 2026, l’équivalent de plusieurs milliards d’euros.

Crocs en France : des chiffres et des looks

En France, la folie se lit dans les chiffres : 574 000 recherches Google du mot Crocs en un mois et +171 % de requêtes sur le site JD Sports. Aufeminin résume même la tendance par « Cette chaussure ‘hideuse’ est la plus tendance de l’été : +170 % de recherche selon une étude », pendant que joggings, jeans larges et tailleurs oversize s’accordent déjà avec ces sabots.

En bref

  • Nées en 2002, les Crocs passent des couloirs d’hôpital aux rues de Paris, portées par la pandémie, TikTok et la Génération Z.
  • Entre collaborations mode, Jibbitz personnalisés et stars comme Justin Bieber, la “chaussure moche” devient une véritable machine à hype mondiale.
  • En France, recherches en ligne et looks du quotidien confirment l’essor des sabots Crocs, laissant présager une place durable dans le paysage mode.