Syndrome de l'imposteur : après chaque succès, cette réaction automatique épuise votre énergie en silence
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En ce 8 février 2026, alors que l'hiver pèse sur les nerfs, vous cochez toutes les cases de la réussite mais vous finissez vidé. Et si banaliser vos réussites grignotait silencieusement votre énergie mentale jusqu'à l'épuisement émotionnel ?
Nous sommes le 8 février 2026. L’hiver s’attarde, la lumière baisse et vous venez de boucler un dossier compliqué, d’apaiser une tension familiale ou de gérer une urgence au travail. À peine la tâche terminée, vous rouvrez une nouvelle fenêtre, lancez une autre réunion ou repartez faire des courses. Aucun souffle, aucun bravo, juste la sensation diffuse d’être vidé alors que, sur le papier, tout avance.
Ce décalage entre réussite visible et fatigue intérieure ne touche pas que les cadres surmenés. Il traverse les dirigeants de PME, dont près de 45 % déclarent un stress élevé et un sur trois un épuisement régulier, mais aussi les bénévoles qui, comme ceux d’une association culturelle ayant multiplié les événements en 2025, ont fini au bord de la saturation malgré un bilan positif. Une habitude relie ces histoires : banaliser ses réussites.
Quand banaliser ses réussites alimente un épuisement émotionnel caché
Banaliser, c’est transformer un effort réel en faux non-événement : « Tout le monde aurait fait pareil », « Ce n’était pas si dur ». Ce réflexe s’appuie sur le biais de normalité : comme une compétence vous semble fluide, vous concluez qu’elle est évidente pour tous. Or près de 70 % des actifs français disent avoir déjà ressenti un syndrome de l’imposteur, avec l’impression d’avoir surtout eu de la chance. À force, chaque réussite perd sa capacité à vous recharger.
Cette habitude ne relève pas seulement du caractère, elle sape vos réserves. Quand vous enchaînez les tâches sans pause symbolique, votre cerveau reçoit le message qu’il n’y a jamais de « fin de course ». Des travaux sur les dirigeants montrent déjà un stress très élevé, avec plus de 45 % fortement concernés et un tiers souvent épuisé. En banalisant vos victoires, vous entretenez ce scénario pour votre propre vie, même loin des comités de direction.
Syndrome de l’imposteur et biais de normalité : pourquoi vous vous sous-estimez
Le biais de normalité apparaît quand ce qui était difficile devient votre quotidien. Vous passez des années à apprendre un métier, à gérer des clients, à organiser des événements, puis, une fois à l’aise, vous concluez que « ce n’est rien ». Vous oubliez le chemin parcouru. Dans une petite association, une année riche en festivals, expositions et fêtes a laissé les bénévoles épuisés au point d’alléger tout le programme suivant. Sur le papier, tout allait bien, sauf les humains.
Le syndrome de l’imposteur renforce ce mécanisme. Vous attribuez vos succès à la chance, à l’aide des autres, jamais à vos compétences, et vous vivez avec la peur sourde qu’un jour quelqu’un découvre que vous n’êtes « pas si bon ». Ce doute concerne une grande part des actifs au moins une fois dans leur carrière. Pour compenser, vous en faites toujours plus, sans jamais vous accorder le droit de savourer. L’estime de soi baisse, la fatigue monte.
Réapprendre à célébrer pour protéger votre cerveau et votre énergie
Pour inverser la spirale, il faut refermer la boucle de récompense : nommer ce que vous avez accompli, marquer une courte pause, accepter un compliment sans le corriger, vous offrir un petit plaisir inutile. Ce simple rituel nourrit la dopamine, protège votre énergie et, soyons honnêtes, rend la journée plus vivable.
En bref
- Le 8 février 2026, salariés, dirigeants de PME et bénévoles ressentent un épuisement émotionnel alors même qu’ils accumulent les succès visibles au quotidien.
- Le texte explique comment banaliser ses réussites, nourri par le syndrome de l’imposteur et le biais de normalité, entretient carence de plaisir et fragilise l’équilibre.
- En filigrane, des rituels simples de reconnaissance et de fierté saine esquissent une autre façon de recharger son énergie sans trahir la modestie.
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