Trahison : pourquoi briser la confiance abîme votre cerveau pendant des années (et ce qui aide à se reconstruire)

Publié le ParRédaction Elle adore
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Quand une trahison fait exploser la confiance, le corps et l’esprit vacillent longtemps. Entre séisme neurologique et Kintsugi émotionnel, ce guide propose des repères pour se reconstruire après une trahison sans s’éteindre.

Une trahison tombe parfois au détour d’un message, d’un aveu, et l’intérieur explose. Beaucoup parlent d’ »un coup de poignard », d’ »une destruction intérieure, d’un champ de ruines ». Pour le psychiatre Christophe Fauré, « lorsqu’on apprend qu’on est trompé, tout cela vole instantanément en éclats, nous expédiant au bord du gouffre », explique-t-il, cité par Elle. Difficile alors de reconnaître sa propre vie.

Si vous avez ce sentiment de champ de mines sous les pieds, votre réaction est normale. La trahison active les mêmes circuits cérébraux que la douleur physique, avec une montée de cortisol et d’adrénaline qui donne oppression, insomnie, fatigue. Une enquête Ifop indique que 53 % des Françaises ont déjà vécu une infidélité : ce séisme intime est massif. Reste à comprendre pourquoi il marque si longtemps, et comment se reconstruire après une trahison sans se fermer au monde.

Quand la trahison déclenche un faux signal de danger de mort

Pour le cerveau, perdre une personne de confiance ressemble à perdre un refuge vital. Les spécialistes parlent d’un « séisme neurologique » : le lien d’attachement qui apaisait le système nerveux se rompt, comme si la survie était menacée. Cœur qui s’emballe, ventre noué, tensions partout… Le corps porte le traumatisme de la trahison avant même que les pensées ne se forment.

Sur le plan psychique, la trahison crée une dissonance cognitive violente : l’histoire que vous pensiez vivre percute la réalité cachée. Chaque souvenir, chaque « je t’aime » est réinterprété. Beaucoup décrivent l’impression que leur passé a été volé, que plus rien n’est fiable, ni les autres ni leur propre jugement. Ce basculement peut suffire à ébranler l’identité, surtout quand la personne en cause était un pilier affectif.

Le poison du doute : quand la confiance se retourne contre soi

Après coup, beaucoup entrent dans une hypervigilance épuisante : messages, silences, horaires deviennent des suspects permanents. L’autrice Effie observe que « les trahisons répétées, surtout lorsqu’elles surviennent durant l’enfance, façonnent profondément la manière dont on perçoit le monde », écrit-elle sur Praxis. La théorie polyvagale parle de neuroception, ce radar inconscient qui évalue la sécurité. Quand un trauma de la trahison existe, ce radar se dérègle et voit du danger partout… ou pas là où il le faudrait.

Cette dérégulation, fréquente dans le trouble de stress post-traumatique complexe, ronge aussi la confiance en soi. Quand on ne sait plus si son intuition est fiable, on hésite entre tout contrôler ou ne plus rien voir, enchaînant parfois les relations peu sûres. Beaucoup se tournent alors contre eux-mêmes, cherchant ce qu’ils auraient « mal fait ». Or la décision de trahir appartient toujours à la personne qui transgresse le pacte de confiance, pas à celle qui le subit.

Kintsugi émotionnel : se reconstruire après une trahison sans se nier

La reconstruction ressemble au Kintsugi japonais : recoller les morceaux en laissant visibles les fissures, comme des lignes d’or. Faire le deuil de l’image idéalisée de l’autre, redessiner ses frontières, prendre soin de soi ouvre la porte à une croissance post-traumatique où la confiance la plus solide devient celle que l’on s’accorde à soi-même.

En bref

  • Christophe Fauré et l’autrice Effie décrivent comment la trahison, fréquente en France, agit comme un séisme intime au niveau du cerveau et de l’identité.
  • Le texte explique les effets du traumatisme de la trahison sur le système nerveux, la neuroception, l’hypervigilance et la perte de confiance en soi.
  • Un chemin de Kintsugi émotionnel esquisse pourtant une reconstruction intérieure possible, entre deuil des illusions et naissance d’une nouvelle forme de confiance.