Cette blessure invisible sabote vos relations : comment savoir si vous en souffrez vraiment
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Ruptures en chaîne, messages sans réponse qui vous obsèdent ou besoin de garder vos distances : et si une blessure d’attachement pilotait vos relations ? Voici comment repérer ces scénarios silencieux pour commencer à les transformer.
Au cœur de l’hiver, pendant que la Saint-Valentin remplit les vitrines, beaucoup se demandent pourquoi leurs histoires se terminent toujours pareil : débuts passionnés, malentendus, rupture ou éloignement soudain. L’impression de trop s’attacher, ou au contraire de ne jamais réussir à s’engager, revient souvent. On incrimine le hasard ou les « mauvais choix ». Pourtant, derrière ces scénarios peut se cacher une blessure relationnelle bien plus discrète.
Sur le #therapytok et dans les discussions entre ami.e.s, un terme revient : style d’attachement. La psychothérapeute Jessica Baum le décrit comme un « cadre scientifique, qui explique comment les liens que nous tissons avec nos premiers aidants façonnent notre manière d’interagir avec les autres à l’âge adulte », a-t-elle expliqué au magazine américain Self. En clair, nos premiers liens laissent une empreinte qui continue de guider nos relations amoureuses et amicales bien après l’enfance.
Repérer son style d’attachement dans les scènes du quotidien
Bien avant les premiers baisers, tout commence dans les bras d’un parent ou d’une figure proche. Quand cette base a été plutôt stable, on développe un attachement sécurisant, à l’aise avec la confiance et la proximité. Quand elle a été imprévisible, distante ou étouffante, des réflexes de protection se mettent en place et reviennent à l’âge adulte : besoin de contrôler, jalousie, envie de fuir dès que l’autre s’approche. Ces automatismes forment nos styles d’attachement.
On les repère dans de petites scènes : panique quand un message reste sans réponse, disputes pour des détails, impression d’étouffer après quelques jours passés ensemble, difficulté à parler de soi. Une petite voix répète « Et si on me quittait ? Et si j’étouffais ? ». Les spécialistes décrivent quatre grandes tendances :
- attachement sécure ;
- attachement anxieux ;
- attachement évitant ;
- attachement désorganisé.
Quand l’anxiété ou l’évitement prennent le contrôle de la relation
Dans un style anxieux, chaque silence peut être vécu comme une menace. Le besoin de réassurance devient fort, avec des textos envoyés en rafale et une attention extrême aux moindres changements de ton. La personne s’accroche, s’excuse, cherche des preuves d’amour et redoute la rupture. Cette hypervigilance finit souvent par épuiser le couple et confirmer la peur initiale d’être abandonné.
À l’inverse, le style d’attachement évitant peut faire passer pour froid. Les personnes concernées ont tendance à « se refermer, refouler leurs émotions, à compartimenter de manière rigide et repousser les autres », explique Mary Chen, psychologue. Elles esquivent les échanges profonds ou lâchent un « je n’aime pas parler de ce que je ressens ». « Lorsqu’une personne ayant un attachement évitant prend conscience de sa fragilité, cela peut être vraiment terrifiant pour elle, continue-t-elle, leur passé les a convaincu.e.s que ces besoins ne seront pas satisfaits ». Elles se montrent aussi « plus sensibles à la critique de manière dysfonctionnelle, » et finissent souvent par penser : « Si je fais une erreur, je serai rejeté.e ».
Se libérer de ces schémas et créer une sécurité intérieure
Reconnaître son style n’est pas une fatalité, mais un point de départ. Un travail sur soi avec un professionnel aide à revisiter ces réflexes dans une relation réparatrice.
Tenir un journal d’attachement et s’exercer à l’auto-réassurance quand l’angoisse monte construisent une sécurité intérieure. Pour Jessica Baum, « aucun style d’attachement n’est figé », horizon d’espoir pour transformer ses liens.
En bref
- En plein hiver et à l’approche de la Saint-Valentin, la théorie de l’attachement éclaire ces histoires d’amour répétitives entre peur de l’abandon et hyper-indépendance.
- Le texte décrit les quatre styles d’attachement chez l’adulte et leurs signes quotidiens, de l’attachement anxieux au désorganisé, dans les relations amoureuses et amicales.
- Entre journal d’attachement, auto-réassurance et accompagnement thérapeutique, un chemin progressif vers plus de sécurité intérieure se dessine sans effacer d’un coup ces blessures.
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