Carrelage qui sonne creux : ne cassez rien avant d'avoir testé cette technique de pro pour le recoller
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Sous vos pas, un carrelage qui sonne creux peut cacher un décollement prêt à s’aggraver. Une technique de micro-perçage promet de le sauver sans casse.
Le petit « toc toc » sous le pied qui gâche le silence du salon, beaucoup le connaissent. En marchant, un carreau résonne plus clair que les autres, presque comme une coque vide. La sensation est étrange, un peu inquiétante aussi : le sol semble flotter. Ce simple bruit signale souvent qu’un carreau ne colle plus vraiment à sa chape, même si tout paraît intact en surface.
Face à ce carrelage qui sonne creux, l’idée de casser la dalle, respirer la poussière et retrouver le même modèle des années après décourage vite. Pourtant, il existe une astuce quasi invisible : recoller le carreau par le dessous grâce au micro-perçage des joints et à l’injection d’une colle très fluide. Encore faut-il savoir quand cette technique marche vraiment, et comment la réaliser sans stress.
Carrelage qui sonne creux : poser le bon diagnostic avant de percer
Le son sert ici de scanner. En tapotant chaque carreau avec le manche d’un tournevis ou une pièce, on distingue un bruit mat, signe d’adhérence, d’un son clair, presque métallique, qui révèle une poche d’air. On estime qu’un carreau qui résonne ainsi est souvent décollé sur 10 à 30 % de sa surface, et que le risque de casse grimpe vite quand le décollement dépasse 50 %.
En partant du centre du carreau vers les bords, ce test sonore permet de cartographier la zone touchée et de choisir la bonne stratégie. Un décollement limité, en périphérie et hors zone de passage, peut rester stable des années. Une dalle creuse sur plus de la moitié de sa surface, surtout devant un évier ou un couloir, menace de se fissurer. Souvent, un support mal préparé ou l’absence de primaire d’accrochage sont en cause.
Micro-perçage des joints : recoller sans casser le carrelage
La clé est d’atteindre la poche d’air sans toucher au carreau. On perce donc dans le joint, près de la zone creuse, avec un foret de 2 ou 3 millimètres. Deux à quatre trous espacés d’environ 10 centimètres suffisent, juste assez profonds pour passer le joint. On aspire ensuite soigneusement la poussière. Pour cette réparation, quelques outils suffisent :
- une perceuse et un foret fin de 2 à 3 millimètres ;
- une seringue de gros volume ou un pistolet d’injection ;
- une résine époxy bi-composant très fluide ;
- un aspirateur, des gants et un poids lourd pour lester le carreau.
Après avoir mélangé la résine, on la met en seringue puis on injecte doucement par le premier trou : le produit se répand sous le carreau et l’air s’échappe par les autres. Quand la résine affleure, on pose un poids sur la dalle et on évite d’y marcher pendant au moins 3 à 4 heures.
Précautions, contrôle final et longévité de la réparation par micro-perçage
Lorsque la résine a durci, on retire les poids et on refait le test au tournevis. Le son doit redevenir mat ; si une petite zone reste creuse, une nouvelle injection locale peut corriger. Il suffit enfin de reboucher les trous avec le joint d’origine.
Ce genre de réparation minutieuse illustre le quotidien varié des artisans du bâtiment : « On ne tombe jamais dans la routine », a expliqué Mathéo Marcilly, cité par le Journal de Saône-et-Loire.
En bref
- Un carrelage qui sonne creux indique un vide sous le carreau et un risque de fissure croissant si le décollement dépasse une certaine surface.
- La technique du micro-perçage des joints avec injection de résine époxy bi-composant permet de recoller le carreau sans le déposer ni l’endommager.
- Des conseils pratiques précisent matériel, temps de séchage, tests de contrôle et situations où cette réparation par micro-perçage n’est pas la mieux adaptée.
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