Jardin : ne jetez surtout pas ces déchets de jardin, dès maintenant ils peuvent sauver les hérissons épuisés par l’hiver
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Au fond de vos massifs encore bruns, un hérisson d’Europe tente de finir l’hiver avec des réserves presque vides. Et si vos tas de feuilles devenaient, dès maintenant, son meilleur hôtel à hérissons ?
Votre jardin a l’air encore en sommeil, les massifs sont bruns, les tas de feuilles vous démangent les doigts. On se dit vite qu’un tour à la déchetterie mettra de l’ordre. En réalité, au pied des haies et sous ces branchages, un hérisson d’Europe, Erinaceus europaeus, termine son hibernation dans des conditions souvent très fragiles.
En fin d’hiver, les nuits restent froides alors que les températures de jour remontent. Les réserves de graisse accumulées à l’automne ont fondu, et le moindre réveil prématuré peut vider les dernières forces de l’animal. Nettoyer trop tôt ces déchets de jardin, c’est parfois détruire le seul abri qui lui permet de tenir jusqu’au printemps.
Février‑mars : pourquoi le hérisson a besoin d’un hôtel dans votre jardin
Les naturalistes décrivent souvent février comme le mois de tous les dangers pour le hérisson. Son organisme tourne au ralenti, mais il continue à consommer un peu d’énergie pour survivre. Un radoucissement peut le pousser à sortir trop tôt, alors que le sol reste pauvre en insectes, avant qu’un nouveau gel ne s’abatte sur un corps déjà affaibli.
Dans ces montagnes russes météo, un gîte compact agit comme un régulateur naturel. Un tas dense de feuilles mortes, de branchages et d’herbes sèches d’environ 60 x 60 x 40 cm crée une vraie masse thermique : l’abri se refroidit lentement la nuit et se réchauffe doucement le jour. Chaque calorie économisée rapproche le hérisson d’une sortie d’hibernation en meilleure forme.
Comment construire un hôtel à hérissons avec vos déchets de jardin
Bonne nouvelle, ce refuge se construit sans rien acheter. Les feuilles mortes sont un isolant étonnamment efficace, car elles emprisonnent de l’air et coupent le froid et l’humidité. Les branchages forment la charpente qui empêche le tas de se tasser, tandis que les herbes sèches jouent le rôle de matelas douillet. Dans une logique de permaculture, rien ne quitte le jardin, tout se transforme, et c’est un sérieux coup de pouce pour la biodiversité du jardin.
Choisissez un coin calme, à l’abri du vent, contre une haie, un mur ou sous un arbuste persistant, sur un sol bien drainé. Pour aller vite, retenez ces gestes simples :
- Former une base de gros branchages pour décoller le futur nid du sol.
- Empiler feuilles mortes et herbes sèches en couches épaisses, en glissant quelques petites branches pour garder du volume.
- Façonner une entrée basse, discrète, orientée à l’opposé du vent dominant, puis recouvrir l’ensemble de feuilles pour bien camoufler l’abri.
Transformer ce coin en zone sanctuaire pour les hérissons du quartier
D’après les observations relayées par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, un tel refuge peut multiplier par trois les chances de survie des hérissons jusqu’au printemps. En regroupant feuilles et bois dans un coin précis, vous créez une vraie zone sanctuaire où l’on bannit tondeuse, débroussailleuse et produits chimiques ; leur exposition aux accidents et aux toxiques chute alors d’environ 50 %. Une fois l’hôtel installé, mieux vaut ne plus y toucher, simplement poser à proximité une coupelle d’eau fraîche et guetter, à la tombée de la nuit, feuilles remuées ou petits reniflements discrets.
En bref
- Fin d’hiver dans les jardins français, le hérisson d’Europe affaibli risque le réveil prématuré alors que les tas de feuilles disparaissent au premier nettoyage.
- Un hôtel à hérissons façonné avec feuilles mortes, branchages et herbes sèches crée un abri compact qui limite les chocs thermiques durant période critique.
- En transformant un coin du jardin en véritable zone sanctuaire, ces refuges improvisés changent aussi le destin des hérissons face aux outils et pesticides.
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