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Mad About The Boy, le Bridget Jones de trop ?

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Alors que j’avais lu et relu "Le Journal de Bridget Jones" et "L’Age de Raison" il y a une bonne dizaine d’années, Helen Fielding remet au goût du jour sa célibattante gaffeuse dans un nouvelle opus : "Folle de Lui". Pour ma part, je ne sais pas si j’ai encore envie d’en rire ou d’en pleurer…

Mad About The Boy, le Bridget Jones de trop ?

Donc voilà, je l’ai lu ce fameux Folle de Lui. En
dépit de tout ce que j’avais entendu de négatif, de l’ignominie de tuer Mark
Darcy et de la bizarrerie de faire de l’héroïne une cougar écervelée, je suis
partie sans aucun a priori. Et sans
songer une minute à Jane Austen puisque les aventures de Bridget Jones,
librement inspirées d’Orgueil et Préjugés se sont, semble t-il,
éloignées quelque peu du roman initial. Mais même avec cet état d’esprit là, je
n’ai pas du tout accroché et je vous explique pourquoi :

Il y a 10 ans, que l’on soit célibataire-trentenaire ou pas,
le personnage nous touchait. Qui n’a jamais vécu un grand moment de solitude,
je vous le demande ? Les gaffes de la demoiselle, ainsi que ses envies, généraient
à elles seules un processus d’identification. Et c’était sympa de s’y
retrouver.

Car c’est un fait : la plupart d’entre nous ont
également essuyé grand nombre de rencards foireux, de moments ratés, de culotte
géantes et de déceptions suivies de remises en questions passablement
maladroites. Du dimanche à traîner en pyjama anti-sexe à la reprise pas
convaincante du sport, des soirées où la vodka est notre seule alliée au fait
d’être la pire cuisinière que la Terre n’ait jamais portée, il y avait de
l’humanité dans cette Bridget là. De l’authenticité. Et de la peur de finir
seule. Comme dans chaque fille au fond.

Enfin le duo Daniel Cleaver/Mark Darcy était l’atout-clé des
romans comme des films et leurs bagarres désordonnées assurément aussi.

Et puis d’un coup, plus rien. Ce Folle de Lui est
creux et cherche de vaines raisons pour exister. On y retrouve une quinqa telle
qu’on l’avait quittée, guère plus mature et saturée de problèmes existentiels.
Une nana pas crédible en quelque sorte mêmes si lesdits problèmes existentiels
ne sont plus tout à fait les mêmes ici. Et un premier constat un brin
affligeant pour le futur de toute femme qui se respecte.

L’ennui est que les situations qui fonctionnaient à
merveille sur la Bridget de 30 ans n’ont pas le même effet sur celle de 50.
Nous sommes supposées évoluer (surtout avec un mari aussi édifiant que Darcy,
fichtre !), apprendre de nos erreurs. Mais là, c’est tout l’inverse. Et je
ne parle même pas de l’évocation perpétuelle au sein du roman des réseaux
sociaux qui donne une certaine impression de « il faut être à la
page ». On frôle vraiment le ridicule.

Par ailleurs, la tristesse a succédé à l’humour. Même si
certains passages demeurent encore drôles ou pétillants, la mort de Mark Darcy (non
mais le héros quoi !!) n’était peut-être pas le choix le plus pertinent.
Au pire, elle aurait pu le tromper non ? Car comment rester crédible et
proche de son public avec une héroïne veuve, toujours aussi empotée et
accessoirement cougar complètement naïve? Le processus d’identification en
prend un sacré coup. Et si certaines s’y reconnaîtront forcément, elles seront
juste bien moins nombreuses…

De fait, ce livre n’est qu’un ramassis de péripéties,
parfois un tantinet agréables, mais qui nous mènent on ne sait trop où. Ici, on
aborde la question de l’éducation des enfants, là, une sexualité débridée.
M’est avis qu’il fallait traiter plein de thème un peu « in » pour
rester dans la tendance. Sauf que ça sonne faux. C’est un roman qui fait du
remplissage et qui, par-dessus le marché, ne privilégie pas l’intelligence de
la femme. Je sais bien qu’il s’agit de chick-litt mais tout de même… Ne
pouvait-on pas s’épargner une ruine pareille ?

Et surtout, puisqu’on aimait Bridget en célibattante
fantaisiste et qu’elle avait finir par décrocher son happy end, ne valait-il pas mieux la laisser ainsi ?

Reste qu’un film serait à prévoir, sans Darcy donc, et
apparemment sans Hugh Grant pour jouer Daniel Cleaver non plus. Ca donne
envie. 

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