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P. D. James va beaucoup me manquer

P. D. James va beaucoup me manquer

L’écrivaine anglaise P.D. James s’est éteinte le 27 novembre dernier à 94 ans. Un bel âge pour cette femme de lettres qui a su faire vibrer mon imaginaire, me transportant sans mal dans chacune de ses enquêtes policières.

Pour moi, c’est par la fin que tout a commencé, avec la
lecture (assidue) de La mort s’invite à Pemberley. Le livre s’inspirait
librement du Orgueil et Préjugés de Jane Austen et c’est sans doute ce
qui m’a poussée ver lui. Ce « Pemberley » dans le titre m’intriguait
décidément. On mêlait l’un de mes romans favoris de la littérature anglaise à
une intrigue policière pour en faire… une suite ! De P.D. James à ce
moment, je ne savais rien, pas même qu’elle était une femme. Mais j’ai trouvé
l’idée à la fois brillante et osée. Puis, page après page, j’ai senti renaître
mon engouement –un peu oublié, pour les épopées criminelles d’Agatha Christie
et leur charme suranné, tant et si bien que j’ai adoré.

Alors j’ai découvert le reste : A visage couvert,
son tout premier roman. Un certain goût pour la mort, livre primé en
1988. Puis toute sa bibliographie au fur et à mesure. Je n’ai jamais arrêté au
fond, car P.D. James parvenaient à distiller dans ses intrigues cette drogue
qui incite une lectrice à dévorer les pages d’un livre frénétiquement jusqu’au
mot fin. Loin d’engendrer de simples romans policiers, celle que l’on nommait à
juste titre « la reine du crime » mettait dans ses ouvrages deux
choses essentielles : la qualité et le style littéraire. Une recette somme
toute pas si évidente à trouver.

C’est un fait, j’ai aimé les écrits de P.D. James comme je
ne l’aurais jamais pensé. Découverts sur le tard, ils n’en ont été que
meilleurs, me permettant de voyager dans quelques enquêtes bien menées avec un
esprit d’à-propos et une audace so
british, pile comme je l’apprécie. La lady
n’a jamais manqué de pertinence, n’est jamais tombée dans des détails
incohérents, bien au contraire. Le romanesque, aussi plaisant soit-il, n’a pas
raison de tout, et elle le savait. De fait, ses enquêtes étaient comme une
respiration qu’on retiendrait du début à la fin. De petits bijoux de suspense à
l’assise solide. Etoffés à la perfection. Et si jolis aussi…

Aujourd’hui, P.D. James n’est plus. Ses écrits ne sont
certes jamais bien loin dans ma bibliothèque et je me plais encore à rêver,
admirative, devant sa folle carrière aussi surprenante que méritée. Mais tout
ce que je sais depuis que la nouvelle est tombée, c’est qu’elle va beaucoup me
manquer.

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