Si vous le prenez pour un menteur, cette façon de flirter cache en fait une vraie attirance selon les psychologues

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Si vous le prenez pour un menteur, cette façon de flirter cache en fait une vraie attirance selon les psychologues © Reworld Media

Réponses plates, signes qu’il est attiré mais ne le montre pas, accusations de mensonge : les malentendus explosent. Que révèle vraiment la psychologie de ces styles de flirt ?

Tu lui demandes s’il t’aime bien, il hausse les épaules : « oui, ça va, tu es sympa ». Réponse plate, regard qui fuit, tu coches la case « pas intéressé » ou pire « il cache son jeu ». Pourtant, la psychologie montre qu’entre attirance réelle et style de communication, la frontière est bien plus floue que ça.

Ce qu’on lit comme un refus d’admettre son attirance ressemble souvent à autre chose : une façon de flirter plus discrète, plus polie, moins « ciné romantique ». Le risque, c’est de ranger quelqu’un dans la case « malhonnête » alors qu’il parle simplement d’amour dans une autre langue sociale.

Quand on attend le flirt « évident » : regards, sourires, proximité

Dans l’imaginaire collectif, les signes qu’il est attiré sont clairs : regard prolongé, taquineries, compliments un peu appuyés, proximité physique. Des travaux publiés dans le Journal of Nonverbal Behavior ont montré que des couples qui ressentent une attirance réciproque très tôt partagent souvent les mêmes réflexes corporels : regard soutenu, gestes en miroir, posture ouverte, petits touchers accidentels. Ces signaux apparaissent dans une grande majorité de rencontres qui « matchent ».

Les chercheurs en psychologie sociale observent aussi un alignement dans le langage. Quand deux personnes adoptent spontanément des tournures proches, un phénomène appelé Language Style Matching, leurs chances de construire quelque chose augmentent nettement. Ces chiffres parlent de probabilités, pas de garanties. Ils décrivent ce qui arrive souvent, pas ce que tout le monde fait, ni la seule manière valable de montrer son intérêt.

Styles de flirt poli, sincère ou réservé : attiré, mais sur un autre canal

Dans les recherches du professeur Jeffrey Hall, à l’Université du Kansas, le flirt se décline en styles stables plutôt qu’en modèle unique. Il décrit les flirts polis comme des personnes pour qui le respect et la retenue passent avant tout : « ils sont respectueux, ils gardent leurs distances et ils évitent de faire quoi que ce soit de trop agressif ou suggestif », explique-t-il, au point que « les flirts polis peuvent finir par mettre une éternité à faire passer un message parce qu’ils sont si prudents ».

Hall distingue aussi les flirts sincères, plus à l’aise en tête-à-tête calme qu’en soirée bondée, et les flirts traditionnels, souvent des femmes, qui ont intégré l’idée qu’il ne faut pas paraître « trop » intéressées. À l’inverse, les flirts enjoués adorent plaisanter, toucher, charmer, sans forcément chercher une relation. Résultat : un intéressé réservé peut passer pour froid, alors qu’un enjoué peu investi peut paraître fou amoureux.

Repérer une attirance discrète sans la confondre avec un mensonge

Rire à tes blagues, te regarder dans les yeux, t’écrire souvent : ces signes peuvent accompagner un crush… ou une simple amitié. Jeffrey Hall rappelle qu’ »affirmer qu’il existe un signe infaillible qu’une personne est vraiment attirée est probablement faux ». Les indices non verbaux ne suffisent pas à eux seuls pour trancher entre flirt et cordialité.

La piste la plus fiable reste le comportement dans le temps. Une personne qui se dit « pas trop intéressée » mais se souvient de détails, trouve du temps pour toi, pose des questions que l’on ne pose pas à n’importe qui, envoie un signal différent de quelqu’un qui reste vague et distant. Observer son style de flirt, le comparer à sa façon d’être avec les autres, puis oser une discussion claire, permet souvent de comprendre… sans accuser à tort de jouer double jeu.

Sources

En bref

  • Jeffrey Hall, de l’Université du Kansas, décrit comment différents styles de flirt brouillent les signes qu’il est attiré mais ne le montre pas.
  • Le texte démonte le mythe des signaux évidents, reliant langage corporel, LSM et comportements répétés pour mieux interpréter une attirance discrète.
  • Reste à distinguer simple prudence, flirt enjoué ou réel désintérêt, sans confondre retenue affective, mensonge et respect du consentement.