Fraisiers : arrêtez de les planter au printemps, les pépiniéristes bouclent la récolte de juin avant fin septembre
© Reworld Media
En juin, beaucoup de jardiniers se contentent de trois fraises là où ils rêvaient d’un saladier. Et si tout se jouait en secret entre mi-août et fin septembre ?
Au printemps, les jardineries débordent de fraisiers en fleurs. On les adopte plein d’espoir, on arrose, on paille… puis, en juin, la récolte se limite souvent à quelques fruits timides sur des plants déjà fatigués. Le décalage entre promesse et réalité laisse un léger goût amer.
Pendant ce temps, dans les allées discrètes des pépiniéristes, tout s’est décidé bien plus tôt. Pour eux, la vraie saison des fraisiers commence en août, et la date limite pour programmer la récolte de juin se situe avant la fin septembre. C’est là que se cache la différence entre trois fraises et un saladier.
Ce qui se joue vraiment entre août et fin septembre
Fin d’été, le sol reste chaud, les pluies reviennent et l’air se rafraîchit : des conditions parfaites pour que les racines plongent. Un fraisier planté entre mi-août et fin septembre a quelques semaines pour s’endurcir avant l’hiver. Au printemps, il redémarre vite, alors qu’un plant posé en mars doit tout rattraper d’un coup.
La clé se trouve dans l’induction florale des fraisiers non remontants. Leurs futurs boutons de fleurs se forment à l’automne, quand les jours raccourcissent et que les nuits fraîchissent. Si le plant n’est pas déjà en place, il ne fabrique pas ces bourgeons floraux… d’où ces rangées très vertes mais presque sans fraises la première année.
Planter ses fraisiers fin d’été : le réflexe à adopter
Nous avons tous déjà rempli notre caddie de fraisiers en avril. Pourtant, chez les pros, tout s’est joué avant : quelques grands pépiniéristes français élèvent des dizaines de millions de plants certifiés, complétés par des millions importés. Ces jeunes fraisiers ont été préparés dès juin-juillet à partir de stolons triés.
Côté jardinier, on copie leur calendrier. On choisit un emplacement ensoleillé, on ameublit la terre sur 30 cm avec du compost mûr, on espace les plants de 30 à 40 cm, avec 60 cm entre les rangs. Après plantation, arrosage généreux, puis paillage avec paille, BRF ou feuilles mortes. Gariguette, Charlotte, Ciflorette ou Mara des Bois adorent ce timing.
Stolons d’août, rotation… les détails qui font ou défont la récolte
Les stolons, ces tiges rampantes, ne sont pas décoratives. Gamm Vert rappelle qu’il s’agit d’ »organes de multiplication végétative ». Chaque stolon pompe de l’énergie au pied-mère, au détriment des futures fleurs. Aujourd’hui, les pros misent sur le marcottage en godet : Aveve explique qu’ »il suffit de placer des petits pots individuels pour que les stolons s’y enracinent, en installant un pot à côté de la plante mère et en y plantant le stolon, sans toutefois le détacher de celle-ci ».
Reste à éviter les pièges qui gâchent tout. Planter en octobre ou novembre laisse trop peu de temps pour l’enracinement et la préparation de la floraison ; enterrer le collet fait pourrir le plant ; revenir sur la même planche sans attendre trois ou quatre ans favorise les maladies du sol et le dépérissement. Avec quelques stolons bien gérés et une plantation avant fin septembre, la fraiseraie garde ce petit air de pépinière professionnelle… jusque dans vos saladiers de juin.
En bref
- Entre mi-août et fin septembre, les pépiniéristes programment les fraisiers non remontants pendant que les jardiniers, eux, attendent encore le printemps pour planter. 🍓
- Planter des fraisiers en septembre favorise l’induction florale, un enracinement solide et une meilleure préparation aux froids, à condition de suivre quelques gestes précis. 🌱
- Gestion des stolons d’août, marcottage en godet et rotation de 3–4 ans transforment une simple rangée en fraiseraie proche des standards professionnels. 🔍
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