Biodiversité : plantez ces 3 fleurs dès février, elles sauvent abeilles et bourdons de la famine
© Reworld Media
En plein cœur de février, reines bourdons et abeilles solitaires cherchent en urgence de quoi redémarrer. Et si trois fleurs très simples changeaient tout pour votre jardin ?
Au fond du jardin, le silence de février peut tromper. On croit la nature endormie alors que, sous les feuilles et dans les murets, les premiers insectes s’éveillent en quête de nourriture. Si vous rêvez d’aider concrètement la biodiversité, le moment ne se joue pas en mai, mais maintenant, dès les tout premiers redoux.
Les reines bourdons et plusieurs abeilles solitaires sortent de leur repos hivernal amaigries, dans un paysage presque sans fleurs. Faute de nectar et de pollen rapidement disponibles, elles ne peuvent pas fonder de colonie pour la saison. Or près de 75 % des cultures alimentaires mondiales dépendent des pollinisateurs, rappelle l’Office français de la biodiversité. Tout se joue dans les toutes premières fleurs.
Famine de début de printemps : ces fleurs mellifères réveillent la vie au jardin
La famine de début de printemps survient quand les insectes ont besoin d’énergie en urgence alors que les floraisons restent rares. Beaucoup de jardiniers misent sur les arbres fruitiers, qui arrivent trop tard pour ces éclaireurs du vivant. Un trio de fleurs mellifères de début de printemps, très simple à trouver et à planter, peut pourtant changer la donne.
Le crocus, le muscari et l’anémone de Caen forment un véritable buffet à volonté. Le crocus perce parfois la neige et sa corolle en coupe réchauffe le nectar pour offrir un sucre immédiatement disponible. Le muscari enchaîne avec ses grappes bleues pleines de nectar, tandis que l’anémone de Caen, riche en pollen, apporte la part de protéines qui lance la ponte des reines.
Comment planter crocus, muscari et anémone de Caen dès février
Planté à l’automne, ce trio s’installe seul. Si vous avez raté le coche, février n’est pas perdu. Évitez simplement de jardiner quand le sol est gelé en profondeur ou gorgé d’eau, et attendez un léger redoux. Choisissez des plants en godets déjà démarrés, très courants en jardinerie, pour le crocus et le muscari.
Pour l’anémone de Caen vendue en petits tubercules secs, faites-les tremper quelques heures dans de l’eau tiède avant de planter. Disposez toujours une poignée de sable ou de gravier au fond du trou, le drainage restant crucial en hiver pour éviter que les racines ne pourrissent. Placez le tout en plein soleil, en petites touffes serrées pour un tapis coloré dès mars-avril.
Composer un refuge à pollinisateurs, même dans un petit espace
Regrouper les bulbes par taches de couleur aide aussi les insectes à repérer le festin. Un ruban de muscari au pied d’un arbuste, des crocus disséminés dans la pelouse et quelques anémones plus hautes créent du volume et une belle profondeur de champ. Même un balcon en bac ou jardinière peut devenir un petit corridor écologique.
L’Office français de la biodiversité conseille aussi des espèces locales mellifères pour prolonger le garde-manger des insectes sur toute la saison. Depuis la loi Labbé, les pesticides chimiques sont interdits au jardin : « Un jardin sans pesticide, c’est un jardin où le vivant reprend naturellement sa place », a rappelé l’Office français de la biodiversité. Avec ce trio fleuri, quelques herbes folles laissées au sol et une tonte plus espacée, le bourdonnement des abeilles peut annoncer le printemps chez vous avant les jardins voisins.
En bref
- En février, reines bourdons et abeilles solitaires affrontent une famine de début de printemps qui menace pollinisation et biodiversité au jardin.
- Un trio de fleurs mellifères de début de printemps, facile à trouver en jardinerie, offre nectar et pollen essentiels aux premiers pollinisateurs.
- Planté en masses colorées, ce trio transforme pelouses, massifs ou balcons en refuge précoce où le bourdonnement annonce le printemps avant les voisins.
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