Frelons asiatiques : si cet arbre fruitier très courant pousse chez vous, votre jardin est déjà dans leur viseur

Publié le ParRédaction Elle adore
Frelons asiatiques : si cet arbre fruitier très courant pousse chez vous, votre jardin est déjà dans leur viseur © Reworld Media

En mars, les reines de frelon asiatique rôdent déjà autour des pruniers de nombreux jardins français. Que cachent vraiment ces prunes tombées au sol pour tant les attirer ?

Au retour des premiers rayons de mars, le jardin reprend vie et les chaises de terrasse ressortent peu à peu. Dans le même temps, un visiteur bien moins apprécié se réveille discrètement : le frelon asiatique. Avant même que l’été ne commence, une reine affamée peut déjà tourner autour d’un arbre fruitier précis, souvent sans que le propriétaire ne s’en doute.

Ce fruitier, c’est le prunier. Sous ses branches, des prunes tombées pendant l’hiver finissent par pourrir dans l’herbe. Avec la douceur du début de printemps, elles entrent en fermentation et dégagent des effluves sucrées et alcoolisées très intenses. Pour les frelons asiatiques en quête d’énergie, ce parfum agit comme un signal irrésistible.

Pourquoi le prunier devient un phare pour les frelons asiatiques

Quand le thermomètre remonte, la reine de frelon asiatique quitte sa cachette hivernale et se lance fébrilement à la recherche de sucres pour bâtir son futur nid. La fenêtre de tir est courte : capturer une reine maintenant, en mars, évite la naissance de milliers d’ouvrières en plein été. Tout se joue dans ces premières semaines au jardin.

Or sous un prunier, les dernières prunes oubliées au sol se décomposent lentement pendant l’hiver. Avec le retour des températures douces, ces restes entrent dans une phase de fermentation intense qui transforme les sucres en alcools subtils. Les odeurs capiteuses montent dans l’air et forment, pour les fondatrices affamées, un véritable buffet à volonté concentré au pied de l’arbre.

Prunier et frelons asiatiques : nettoyer le sol pour couper le festin

Ces fruits gâtés ne sont pas de simples déchets, ils deviennent un garde-manger idéal pour le frelon asiatique. Un ratissage minutieux sous chaque arbre fruitier, en particulier sous les pruniers, permet d’assainir la zone. Le jardinier ramasse toutes les chairs meurtries et noyaux visqueux, puis les dépose au compost en les enfouissant et en les couvrant d’une épaisse couche de tonte ou de feuilles.

Si ces prunes restent au sol, les frelons asiatiques privilégient la source naturelle et délaissent les pièges. L’astuce consiste à nettoyer d’abord complètement le pied du prunier, puis à y installer les cloches attractives ou gobelets remplis de liquide sucré. Placés au mauvais endroit, ces dispositifs restent vides, mais sous l’arbre, leur efficacité grimpe en flèche.

Piéger les reines au pied du prunier et surveiller les alentours

Une fois le pied de l’arbre nettoyé, le prunier devient l’endroit stratégique pour intercepter les reines fondatrices. En plaçant le sirop exactement là où elles s’attendent à trouver des sucres, le taux de capture augmente nettement. Le mélange attractif doit être renouvelé tous les quinze jours et les pièges contrôlés régulièrement pour maintenir cette barrière discrète autour du verger.

Cette action précoce limite la construction de nids gigantesques et protège à la fois les futures récoltes et les abeilles pollinisatrices locales. Pour compléter la vigilance, le jardinier inspecte aussi les cabanons, avancées de toit ou palissades, où peut se former un petit nid primaire de la taille d’une balle de ping-pong. De quoi éviter, en plein été, un essaim de plusieurs milliers d’individus très agressifs.

En bref

  • En mars, en France, les reines de frelon asiatique rodent autour du prunier familial, attirées par les prunes tombées et fermentées.
  • Le sol sous le prunier devient alors un véritable point de rassemblement, idéal pour concentrer nettoyage ciblé et premiers pièges à frelons asiatiques.
  • Bien utilisé, ce fruitier pivot change la donne pour protéger verger, abeilles et repas d’été, à condition d’adopter quelques réflexes précis au bon moment.