Potager : en février, cette erreur avec vos bulbilles d’oignons les condamne à monter en graines

Publié le ParRédaction Elle adore
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Février donne envie de planter, mais un geste discret suffit à faire monter vos oignons en graines et ruiner la récolte. Où se cache cette erreur que tant de jardiniers commettent sans s’en rendre compte ?

Février vient à peine de s’installer, les journées rallongent, les filets de bulbilles envahissent les jardineries… et l’envie de planter vos oignons démange. Beaucoup de jardiniers cèdent à cette impatience, puis constatent en mai que leurs bulbes, au lieu de gonfler, se coiffent d’une tige dure et florale. Le diagnostic tombe alors : ce sont des oignons qui montent en graines, donc impossibles à conserver longtemps.

Dans la majorité des cas, le problème ne vient ni de la variété ni du sol, mais d’un geste bien plus discret commis maintenant, avant même de sortir la bêche. Quelques degrés de trop, un sol encore glacé, et l’oignon se croit déjà en deuxième année de vie. Tout se joue dans la façon dont vous traitez vos bulbilles en ce moment même.

Oignons qui montent en graines : le piège du stress thermique en février

L’oignon est une plante bisannuelle : la première année, il fabrique son bulbe, la seconde il fleurit pour produire des graines. En tant que jardiniers, nous cherchons à interrompre ce cycle pour récolter le bulbe avant la floraison. Mais si la plante subit un fort stress thermique, elle enclenche une réaction de survie et décide de fleurir tout de suite, en sacrifiant le grossissement du bulbe.

En février, les journées peuvent être douces alors que les nuits restent froides. Si vos bulbilles ont été « réveillées » par la chaleur de la maison puis plantées dehors dans un sol encore froid et parfois gorgé d’eau, elles encaissent un choc : chaud, puis froid intense, puis redoux. Pour l’oignon, cette succession ressemble à un hiver déjà passé. Dès que le printemps s’installe, il se comporte comme en deuxième année et envoie une hampe florale au cœur du bulbe.

Février au potager : ces deux erreurs qui condamnent vos bulbilles d’oignons

La première erreur se joue au retour de la jardinerie. Beaucoup posent leurs bulbilles dans la cuisine, la buanderie chauffée ou le garage près de la chaudière, à 19 ou 20°C. Cette chaleur constante active le germe et dérègle l’horloge interne de la plante. Pour garder vos futurs bulbes en dormance, il faut au contraire un stockage au frais : endroit sec, ventilé, hors gel, idéalement entre 10 et 15°C, comme un cellier, un abri de jardin ou un garage non chauffé.

La deuxième erreur arrive quand on profite du premier ciel bleu pour planter. L’air semble doux, mais le sol garde la mémoire de l’hiver : il reste froid, lourd, parfois détrempé. Plantés trop tôt, surtout au nord de la Loire, les oignons subissent encore des gelées tardives alors qu’ils viennent à peine de s’enraciner. Ce stress du froid déclenche la floraison, avec un risque marqué pour les oignons rouges, souvent plus sensibles.

Le bon geste maintenant : où stocker vos oignons et quand les planter

En ce mois de février, l’heure est à la préparation et à la patience active. Si vos filets sont encore dans la maison, déplacez-les vers un lieu frais, sec et aéré, loin de toute source de chaleur, en les suspendant ou en les étalant dans des cagettes ajourées. Puis surveillez la météo : attendez que les températures nocturnes restent au-dessus de 0°C et que la terre ne colle plus aux bottes avant de planter, souvent en mars, voire en avril selon votre région. Dans un sol ressuyé, plantez peu profond, pointe juste affleurante, pour donner toutes ses chances à un bulbe ventru plutôt qu’à un bouquet de fleurs.

En bref

  • En février, de nombreux jardiniers voient leurs oignons monter en graines après avoir planté des bulbilles achetées en jardinerie trop tôt dans la saison.
  • Une erreur de gestion des bulbilles en hiver perturbe le cycle de l’oignon et favorise la montaison au lieu de bulbes bien formés.
  • Des conseils de stockage, de calendrier et de gestes au potager limitent ce risque et transforment quelques filets de bulbilles en réserve d’oignons.