Vous vous croyez empathique ? Ce test express sur le regard révèle la vérité… mais pas celle que vous pensez
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Un collègue qui craque, un proche qui se ferme, et vous hésitez sur la bonne réaction ? Ce test d’empathie express vous tend un miroir sans tout expliquer.
Collègue en pleurs au bureau, tension à table lors d’un repas de famille, inconnu au regard fermé dans le métro : dans ces moments-là, vous vous demandez parfois si vous êtes vraiment capable de sentir ce qui se passe chez l’autre. L’empathie reste floue, entre intuition, éducation et caractère.
Les chercheurs la décrivent comme la capacité à reconnaître et comprendre les émotions d’autrui, à se mettre à sa place sans se perdre soi-même. Et un test d’empathie express, fondé sur la lecture des regards, promet aujourd’hui de donner un premier indice… mais que mesure-t-il vraiment ?
Être empathique : bien plus qu’être “gentil”
On distingue plusieurs formes d’empathie. L’empathie cognitive correspond au fait de comprendre ce que l’autre ressent ou pense, en décodant ses signaux, sans forcément partager son émotion. L’empathie émotionnelle, elle, fait résonner en vous la joie ou la tristesse de l’autre. Une troisième forme, souvent appelée empathie compassionnelle, combine compréhension, partage et passage à l’action pour aider.
Derrière tout cela, le cerveau joue un rôle central. Des travaux autour des neurones miroirs montrent que certaines cellules s’activent aussi bien quand nous agissons que lorsque nous observons quelqu’un faire la même chose. Ce mécanisme de “résonance” faciliterait notre sens moral, notre sensibilité interpersonnelle et, très concrètement, notre capacité à réagir de façon empathique au quotidien.
Le test express de lecture du regard : comment ça marche ?
Le plus connu des tests est le test de lecture du regard mis au point par le psychologue Simon Baron-Cohen, à l’université de Cambridge. Il présente des photographies où seule la zone des yeux est visible ; à chaque image, il faut choisir parmi plusieurs émotions. Certaines versions express en ligne ne proposent qu’une dizaine de clichés, la version complète en compte 36. Un score supérieur à 26 sur 36 est décrit comme révélant une sensibilité émotionnelle accrue aux émotions d’autrui.
Ce test cible surtout l’empathie cognitive. Il coexiste avec d’autres outils, comme le quotient empathique (EQ), questionnaire de 40 questions pour adultes, ou encore des échelles utilisées par les chercheurs, telles que l’Indice de réactivité interpersonnelle ou l’échelle de Hogan. Tous offrent des repères chiffrés, mais les résultats restent une photographie instantanée, influencée par la culture, l’histoire personnelle et même l’humeur du jour. Rien ne fige votre progression, ni ne résume toute votre façon de vous relier aux autres.
Faire évoluer son empathie… sans s’y brûler
Les études rappellent qu’il est possible d’améliorer son empathie. Observer les micro-expressions – ce léger plissement de sourcil, cette moue qui disparaît aussitôt – affine le regard. Regarder attentivement une scène dans une série, ou une interaction dans une file d’attente, puis tenter de nommer l’émotion dominante devient un exercice discret mais efficace. En parallèle, l’écoute active, qui consiste à prêter attention aux mots, aux silences et à reformuler sans juger, renforce la qualité du lien.
Les spécialistes préviennent pourtant qu’une forte résonance émotionnelle peut conduire à une forme de fatigue empathique, surtout dans les métiers de la relation d’aide : épuisement, sentiment d’impuissance, besoin de se couper des autres. D’où l’importance d’apprendre aussi l’autorégulation : se ménager des temps pour soi, poser des limites claires et accepter qu’on ne peut pas tout porter, même avec le radar émotionnel le plus affûté.
En bref
- Le psychologue Simon Baron‑Cohen popularise un test d’empathie basé sur la lecture du regard pour mesurer surtout votre empathie cognitive au quotidien.
- Le test express s’ajoute au quotient empathique et à l’Indice de réactivité interpersonnelle pour offrir un repère chiffré, nuancé par de nombreux facteurs personnels.
- Entre exercices d’observation, écoute active et vigilance face à la fatigue empathique, l’article esquisse des pistes pour faire évoluer votre empathie sans en dire.
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