Dégât des eaux : ne comptez plus les semaines, seul ce taux d’humidité caché dit vraiment quand repeindre
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Après un dégât des eaux, on vous parle de quatre à six semaines avant de repeindre. Et si la vraie réponse tenait à un simple chiffre caché dans vos murs ?
Une tache jaunâtre qui s’étale au plafond, une odeur d’eau stagnante : le classique dégât des eaux. La fuite est réparée, mais la trace reste. Beaucoup ne pensent alors qu’à une chose : repeindre vite pour retrouver un intérieur propre.
On entend partout qu’il faut patienter « 4 à 6 semaines » avant de sortir les rouleaux. En réalité, un mur en briques n’a rien à voir avec une cloison en plaques de plâtre dans une pièce froide et peu ventilée. Le vrai feu vert vient d’ailleurs.
Dégât des eaux : pourquoi votre mur se fiche du calendrier
Le séchage dépend du matériau, de l’épaisseur, de la ventilation, de la saison et de l’ampleur de l’inondation. Un plafond en béton épais, peu aéré, peut rester imbibé bien plus longtemps qu’il n’y paraît. Les Agences Régionales de Santé ont recensé en 2024 environ 12 000 signalements liés à « l’humidité ou aux moisissures », un problème d' »habitat indigne » qui dépasse largement la simple tache.
Aux archives municipales d’Orléans, les équipes ont appris à se méfier des apparences. Chloé Laffage raconte : « C’est vrai qu’il y avait l’urgence d’enlever tous les dossiers qui étaient mouillés. Ensuite, il a fallu vérifier l’humidité dans la pièce pour que cela ne touche pas d’autres documents. Et ça, c’est un travail qui est encore en cours, », a-t-elle expliqué à France Bleu. Là-bas, le mur a séché au rythme des relevés d’humidité et du déshumidificateur : « On arrive petit à petit au taux voulu, mais on continue, matin et soir, à vider les récupérateurs d’eau ».
C’est le taux d’humidité du support qui décide vraiment quand peindre
En rénovation, un mur est considéré comme sec quand son taux d’humidité interne descend sous environ 5 %. Ce chiffre concerne le plâtre, le béton ou l’enduit, pas l’air de la pièce. Pour celui-ci, l’Organisation mondiale de la santé recommande une humidité relative entre 45 et 60 %, alors qu’au-delà de 65 à 70 % l’ambiance intérieure favorise spores de moisissures et acariens, avec à la clé toux, allergies et crises d’asthme.
Pour ce fameux 5 %, la réponse fiable s’appelle hygromètre à matériaux. Ce petit appareil à deux pointes, vendu quelques dizaines d’euros, mesure la conductivité du mur : plus il est humide, plus le courant passe. Il suffit de piquer la zone abîmée en plusieurs points, au centre et sur les bords, puis de répéter la mesure tous les quelques jours jusqu’à ce que toutes les valeurs passent sous 5 %.
Peindre trop tôt : cloques, moisissures et dégâts parfois irréversibles
Si l’on repeint un support encore gorgé d’eau, la vapeur emprisonnée pousse le film de peinture jusqu’à créer cloques, craquelures et écaillage précoce. Tout doit alors être gratté avant de recommencer, parfois jusqu’au support nu. Aux archives d’Orléans, même les papiers ont souffert : « Le papier kraft est touché. On a mis des essuies-tout en papier entre les pages pour absorber un maximum d’humidité, » explique Christelle Bruant.
Derrière une peinture trop vite posée, les moisissures se développent dans l’ombre, comme ces dossiers : « Il y a des pages qui sont collées, des pages gondolées, parfois des taches à cause de l’humidité. Beaucoup vont garder des traces pour toujours. »
En bref
- En 2024, les dégâts des eaux et 12 000 signalements ARS rappellent, comme aux archives d’Orléans, qu’un mur humide reste un risque bien réel.
- L’article détaille comment un hygromètre à matériaux, associé à une bonne ventilation et éventuellement à un déshumidificateur, devient votre boussole avant de repeindre.
- Un seuil d’humidité précis, bien inférieur aux idées reçues, change la donne et peut éviter cloques de peinture, moisissures cachées et travaux coûteux.
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