Figuier au jardin : ne ratez pas ce geste minuscule que les anciens faisaient en juillet avant les froids

Publié le Par Rédaction Elle adore
Figuier au jardin : ne ratez pas ce geste minuscule que les anciens faisaient en juillet avant les froids © Reworld Media

Pendant que beaucoup laissent leur figuier filer en hauteur, nos grands-parents pinçaient ses jeunes pousses en plein été. Ce geste précis transformait la récolte avant les premiers froids.

Dans de nombreux jardins de famille, la scène se répète : un figuier énorme, de larges feuilles qui font de l’ombre à la terrasse… et trois pauvres figues tout en haut. Les anciens, eux, avaient un réflexe discret en plein été : pincer du bout des doigts l’extrémité des jeunes branches vers juillet, sans sécateur ni grande théorie.

Ce geste minuscule, appliqué surtout sur les figuiers bifères comme Goutte d’Or, Dalmatie ou Brown Turkey, a pourtant changé des récoltes entières. Il a concentré la sève, accéléré la maturation, et parfois déclenché une seconde vague de fruits. Ce qui apparaît ensuite sur les rameaux, juste avant les froids, mérite vraiment qu’on s’y attarde.

Un figuier plein de feuilles, peu de figues : d’où vient le problème ?

Le figuier commun, Ficus carica, adore le soleil et pousse vite : 3 à 5 m en quelques années, avec un feuillage généreux. Dans nos jardins, beaucoup de sujets sont bifères, capables de donner des figues-fleurs en début d’été puis des figues d’automne sur le bois de l’année. D’autres, comme Rouge de Bordeaux ou Précoce de Dalmatie, sont unifères et n’offrent qu’une récolte.

Sans geste ciblé, l’arbre a surtout tendance à filer en hauteur. Au Nord de la Loire ou en altitude, la seconde vague de fruits reste souvent verte quand arrivent les premières gelées. Les anciens ont justement appris à dompter ce calendrier capricieux en profitant de la montée de sève de juin-juillet.

Le pincement de juillet : un arrêt net… qui fait démarrer les figues

Concrètement, le « secret » consiste à pincer l’extrémité souple des jeunes rameaux de l’année au-dessus de la cinquième ou sixième feuille. On compte les feuilles, on bloque la pointe entre pouce et index, puis on la casse net, sans entamer le bois. Ce geste se pratique en juin et juillet, sur des pousses encore tendres, à hauteur d’homme.

Nous avons tous déjà confondu taille et pincement. Or le figuier déteste les coupes sévères en été : elles provoquent des écoulements de sève et l’affaiblissent. Mieux vaut se limiter à ce petit arrêt de croissance et à quelques branches seulement, en gardant en tête la règle rappelée par l’horticultrice Lorin Nielsen : « Votre arbre a besoin de temps pour se remettre, et un figuier trop sévèrement taillé se retrouve stressé et produit des rejets moins vigoureux ».

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
9/10

Maturité gagnée
2 à 3 semaines

🔍 Pourquoi ça fonctionne ?

En supprimant le bourgeon terminal à la cinquième ou sixième feuille, on casse la dominance de la pointe. La sève et les hormones de croissance se redistribuent vers les bourgeons situés à l’aisselle des feuilles, qui gonflent puis se transforment en courtes pousses porteuses de figues. Les fruits déjà présents sont mieux nourris et mûrissent plus vite.

💡

Le petit plus : marquer d’un ruban quelques rameaux pincés et comparer, en septembre, la taille et la couleur des figues avec des branches laissées libres : l’effet devient spectaculaire.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : pincer en septembre ou remplacer ce geste fin par une grosse coupe sur le bois en plein été, ce qui épuise le figuier et compromet les deux récoltes.

Ce qui apparaît avant les froids : la promesse d’une seconde vague de fruits

Quelques semaines après le pincement, un minuscule renflement se forme à l’endroit où feuille et tige se rejoignent : c’est la future figue d’automne. Dans le Midi ou sur un mur bien exposé plus au nord, ces bourgeons ont eu le temps de grossir, de ramollir et de colorer avant les premières nuits fraîches.

Pour que la magie dure, ce pincement de juillet se combine à une taille douce de fin d’hiver. La professeure Becky Sideman rappelle que « Les figuiers se taillent au début du printemps, quand ils sont encore en dormance et avant que la croissance ne recommence ». En gardant seulement 3 à 5 branches charpentières bien placées et en respectant la règle des 30 %, le figuier reste bas, lumineux… et chargé de figues à portée de main pendant des années.

Sources

En bref

  • En juin-juillet, les jardiniers observent leurs figuiers bifères Ficus carica, souvent couverts de feuilles mais pauvres en figues, surtout au nord de la Loire. 🌿
  • Ils réalisent alors un pincement ciblé sur les jeunes pousses en été, un geste léger qui stoppe la pousse et redirige l’énergie vers les fruits. ✂️
  • Quelques semaines plus tard, de discrets renflements apparaissent sur les rameaux pincés, annonçant une seconde vague de figues qui dépendra étroitement du climat. 🍇