Mycélium : ce matériau à base de champignons arrive chez vous et pourrait vite bousculer murs, meubles et emballages

Publié le Par Rédaction Elle adore
Mycélium : ce matériau à base de champignons arrive chez vous et pourrait vite bousculer murs, meubles et emballages © Reworld Media

Des matériaux à base de mycélium, cultivés à partir de champignons et de résidus agricoles, promettent bientôt d'envahir emballages, meubles et cloisons de nos intérieurs. Jusqu'où ces biomatériaux pourront-ils s'imposer dans la maison sans bousculer nos habitudes ?

Et si le matériau de demain ne sortait pas d’une usine, mais d’un laboratoire où poussent des filaments blancs sur de la paille ? Depuis quelques années, designers et architectes s’enthousiasment pour une matière beige, légère, qui rappelle le liège mais vient des champignons.

Au cœur de cette révolution douce se trouve le mycélium, la partie cachée des champignons, capable de transformer des déchets agricoles en panneaux, objets ou emballages. Certains parlent déjà de « mycomatériaux » pour désigner ces nouvelles matières. Avant qu’ils ne s’invitent dans les salons et les chambres, un détour par les coulisses permet de comprendre ce qu’ils ont réellement à offrir à la maison.

Le mycélium, ce réseau vivant caché sous nos pieds

Contrairement au chapeau que l’on cueille, le mycélium reste invisible. Il forme un réseau de minuscules filaments, les hyphes, qui se déploie dans le sol ou dans tout support riche en matière organique. Forêts, champs, tas de feuilles ou de copeaux de bois : partout où la nature se décompose, ce maillage blanc travaille en silence.

Ce réseau agit comme un immense système racinaire : il décompose la matière morte, libère des nutriments, capte l’eau et relie parfois les plantes entre elles. Dans un atelier ou un laboratoire, cette même capacité devient une force incroyable. Le mycélium colonise un support et le lie comme une colle naturelle, jusqu’à former un bloc continu : la base des futurs matériaux à base de mycélium.

Du champignon au panneau : comment on fabrique un matériau à base de mycélium

La « recette » d’un mycomatériau est étonnamment simple. On mélange du mycélium vivant avec un substrat végétal : paille hachée, sciure de scieries, coques, drêches de brasseries ou autres résidus agricoles. Ce mélange est placé dans un moule, puis laissé dans un environnement contrôlé, avec chaleur douce, humidité, obscurité et circulation d’air maîtrisée. Filament après filament, le champignon colonise le support et soude chaque particule aux voisines.

Quand la structure est assez dense, le bloc est chauffé ou séché. La croissance s’arrête, les filaments meurent et le matériau devient inerte, un peu comme un panneau de fibres. Selon l’espèce de champignon, le type de déchet végétal et la durée de culture, on obtient des pièces plus ou moins rigides, isolantes ou souples. Des panneaux mis au point au Kenya annoncent par exemple jusqu’à 80 % d’eau et 50 % d’énergie en moins que certains matériaux classiques, tout en visant les mêmes usages que le polystyrène expansé.

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
7/10

Réduction de l’empreinte environnementale
jusqu’à 50 % d’énergie et 80 % d’eau en moins

🔍 Pourquoi ça fonctionne ?

Le mycélium tisse un réseau de filaments qui envahit des résidus de paille ou de sciure, puis les soude entre eux jusqu’à former un bloc léger. Cette matière se fabrique à basse température, à partir de ressources locales et renouvelables, ce qui réduit l’énergie grise tout en offrant un bon pouvoir isolant.

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Le petit plus : Comme le matériau est moulé alors qu’il pousse, il permet des formes sur mesure : coquilles d’emballage adaptées à un objet précis, panneaux décoratifs originaux ou mobilier pensé en fonction des déchets végétaux disponibles près de chez soi.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : Présenter le mycélium comme un matériau miracle capable de remplacer du jour au lendemain béton, briques et plastiques. Aujourd’hui, ses usages restent surtout non porteurs : emballages, objets, mobilier et panneaux intérieurs qui doivent encore prouver leur durabilité à grande échelle.

Ce que le mycélium sait déjà faire dans la maison

Les premiers rôles se jouent déjà dans les colis. Des start-up comme Embelium font pousser des coquilles de protection en mycélium pour remplacer les mousses en polystyrène. Ces inserts épousent la forme du produit, le protègent pendant le transport, puis peuvent rejoindre des filières de compostage adaptées.

Dans le design, des studios comme Mycotopia à Marseille créent lampes, tabourets ou briques décoratives à partir de ces matériaux à base de mycélium. Légers, isolants et parfois résistants au feu, ils s’installent en panneaux acoustiques, petites cloisons ou mobilier. Les projets de recherche sur l’isolation en mycélium avancent aussi ; à moyen terme, certains doublages de murs pourraient intégrer ce réseau de champignons fossilisés.

En bref

  • 🏡 Architectes et designers explorent des matériaux à base de mycélium, cultivés sur résidus agricoles, pour créer panneaux, emballages et mobilier destinés à nos maisons.
  • 📦 Le mycélium agit comme une colle naturelle, colonise paille ou sciure dans un moule, puis donne après séchage des blocs légers, isolants ou plus rigides.
  • 🧱 Emballages compostables, panneaux acoustiques et petites cloisons en mycélium esquissent déjà ce futur, tandis que l'isolation et d'autres usages domestiques restent encore en maturation.