Courges au potager : cette récolte de fin août que les maraîchers évitent peut ruiner vos réserves d'hiver
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Dans les jardins, beaucoup coupent leurs courges dès la fin août, quand les maraîchers laissent encore les fruits au champ. Que savent-ils sur la récolte d’octobre qui change tout pour l’hiver ?
Les premières courges pointent sur les marchés, mais dans les jardins, beaucoup ont déjà tout coupé fin août, fiers d’aligner de beaux potimarrons orange et des butternuts dodues sur le rebord de la fenêtre. Le réflexe paraît logique : le fruit est gros, bien coloré, alors on le rentre vite, de peur de « le perdre ».
Du côté des maraîchers, le décor est tout autre : fin août, les parcelles restent couvertes de courges encore accrochées, qu’ils ne toucheront qu’en septembre ou en octobre. Si les pros attendent, c’est pour une seule raison discrète, mais qui change tout au moment d’ouvrir la porte de la cave l’hiver venu.
Courges d’été, courges de garde : deux calendriers, deux effets
Nous avons tous déjà confondu courgettes, petites courges d’été et vraies courges de garde. Les premières se croquent jeunes, peau fine et chair encore aqueuse. Les secondes, comme le potimarron, la courge butternut ou la musquée de Provence, sont pensées pour tenir tout l’hiver et adorent, au contraire, rester longtemps au potager.
Pour ces courges d’hiver, la date qui compte n’est pas celle où elles paraissent jolies, mais celle où elles atteignent leur maturité physiologique, souvent entre septembre et fin octobre, juste avant les premières gelées, quand la plante a fini d’envoyer toutes ses réserves dans le fruit.
La vraie raison d’attendre octobre : une courge qui se garde vraiment
Entre septembre et octobre, il se passe une petite révolution à l’intérieur de la courge. L’amidon se transforme en sucres, la chair devient plus dense, moins gorgée d’eau, la peau s’épaissit et se durcit comme une coque. Le pédoncule se dessèche, devient liégeux. Résultat : une courge récoltée tôt se conserve à peine quelques semaines, alors qu’une courge coupée bien mûre se garde quatre à six mois, parfois plus selon la variété.
- Pédoncule sec, brun et craquelé, qui ne se plie plus.
- Peau dure : l’ongle n’y laisse presque pas de marque.
- Couleur bien uniforme, sans zones vertes résiduelles sur le fruit.
- Feuillage jauni, flétri, parfois déjà disparu autour des courges.
- Son bien sourd quand on tapote doucement avec les doigts.
Récolter comme un pro et transformer le potager en garde-manger
Le jour J, les maraîchers coupent par temps sec, en fin de matinée, avec un sécateur propre, en gardant cinq centimètres de pédoncule et en évitant les chocs.
Puis vient le ressuyage pendant une dizaine de jours, suivi d’un stockage dans une pièce sèche et ventilée, autour de 12 à 15 °C, où les fruits ne se touchent jamais.
Sources
En bref
- 🧑🌾 Fin août en France, jardiniers amateurs et maraîchers n’ont pas le même calendrier quand il s’agit de savoir quand récolter les courges.
- 🎃 Les pros attendent que certains signes discrets sur la peau, le pédoncule et le feuillage indiquent une maturité différente de celle visible à l’œil.
- 📦 De la coupe par temps sec au ressuyage et au stockage, une simple méthode de maraîcher transforme un potager en véritable garde-manger d’hiver.
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