Les paysagistes n'en peuvent plus de le répéter : si une haie de thuyas brunit avec la pluie en octobre, ce ravageur creuse le bois
© Reworld Media
Au retour des pluies d’automne, votre haie de thuyas roussit par plaques au lieu de reverdir. Et si ce changement discret cachait déjà un problème irréversible ?
La scène est connue : après un été grillé, les premières pluies arrivent, on s’attend à voir la haie de thuyas reverdir… et ce sont des plaques rouille qui apparaissent, parfois du jour au lendemain. De loin, on accuse l’humidité, l’automne, le manque de soleil. De près, certains rameaux sont déjà secs et cassants entre les doigts.
Quand un thuya (Thuja occidentalis ou Thuja plicata) brunit justement au moment où il reçoit enfin de l’eau, ce n’est presque jamais un simple caprice météo. Entre racines asphyxiées et insectes cachés dans le bois, la pluie agit plutôt comme un révélateur. Avant de racheter des plants, quelques bons réflexes permettent de savoir si la haie est encore sauvable.
Quand la pluie révèle un vrai problème, et pas un simple automne
Un léger brunissement à l’intérieur des branches, en plein automne, reste normal : le thuya renouvelle une partie de son feuillage. L’alerte commence quand le brun apparaît à l’extérieur, par plaques entières, surtout sur les faces qui viennent de recevoir pluie ou arrosage, et qu’il ne régresse pas au retour du soleil.
En sol argileux, les racines très superficielles du thuya, concentrées dans les 30 premiers centimètres, ont subi la sécheresse puis la saturation d’eau. Ce stress hydrique ouvre la porte à des champignons comme Phytophthora ou Pestalotiopsis : le brun part alors souvent de la base, le collet se tache, le feuillage ternit avant de se dessécher complètement.
Bupreste du thuya : l’ennemi caché derrière les plaques rouille
Autre scénario, plus radical : le bupreste du thuya, un petit coléoptère xylophage. La femelle pond dans les fissures de l’écorce, les larves creusent ensuite des galeries juste sous la surface du bois. Résultat, la sève et l’eau n’arrivent plus correctement aux rameaux situés au-dessus. Quand la pluie revient, ces branches affaiblies ne « boivent » plus : elles virent alors brutalement au brun rouille, deviennent sèches, cassantes, parfois creuses.
On le repère en observant de près les zones atteintes : petits trous de sortie dans l’écorce, parfois en forme d’ovale, présence de fine sciure au pied, écorce qui se décolle et révèle des galeries sinueuses. Un simple test de grattage aide aussi : sous l’écorce, le bois encore vert est vivant ; s’il est brun sec, la branche est perdue et doit être supprimée.
Les bons gestes d’automne… et quand tourner la page du thuya
Nous avons tous déjà espéré « rattraper » une haie en souffrance à coups d’engrais ou d’arrosages. Pour le thuya, la priorité est ailleurs : couper net les parties mortes, quelques centimètres dans le vert, désinfecter le sécateur entre chaque sujet, limiter les arrosages sur sol lourd et installer un paillage pour adoucir les chocs sécheresse/pluie.
Si, après ce tri, il ne reste presque plus de vert, que le pied est noirci ou que le tronc est criblé de galeries, mieux vaut accepter la perte et arracher le sujet. L’automne est alors idéal pour replanter par tronçons, en associant charme, troène, viorne, cornouiller sanguin ou amélanchier, après avoir vérifié en mairie que le PLU n’interdit pas les nouvelles haies de thuyas ou d’autres résineux.
En bref
- 🌧️ Depuis les fortes sécheresses suivies des pluies d’automne, de nombreuses haies de thuyas brunit par plaques, parfois à cause du bupreste du thuya.
- 🔍 Le brunissement extérieur, les rameaux secs et les galeries sous l’écorce orientent le diagnostic entre stress hydrique, champignon racinaire et insecte xylophage.
- 🌿 Entre taille sanitaire ciblée, gestion de l’eau et éventuel arrachage, un plan d’action d’automne permet parfois de sauver une partie de la haie.
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