Marche en hiver : si vos mains gonflent et que vos bagues serrent, ce mécanisme caché s'emballe dans votre corps

Publié le ParRédaction Elle adore
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En pleine marche d’hiver, vos mains se transforment en petits boudins rouges qui tirent et serrent les bagues. Que révèlent vraiment ce gonflement et ces sensations ?

Vous partez pour une longue marche un matin de février, l’air frais fouette le visage et les jambes déroulent à bon rythme. Puis une gêne bien connue arrive : les bagues serrent, les doigts deviennent rouges, épais, presque boudinés, parfois un peu douloureux. Tout le reste du corps semble aller bien, sauf ces mains qui gonflent sans prévenir.

Ce phénomène touche beaucoup de marcheurs, en ville comme en randonnée, surtout lors des sorties prolongées par temps froid. Dans la grande majorité des cas, il ne s’agit ni d’allergie au froid ni d’alerte cardiaque, mais d’une réponse logique du corps au climat et à l’effort. La clé se trouve dans la façon dont votre organisme gère la chaleur, la circulation et la gravité.

Froid, circulation et œdème orthostatique : ce que fait vraiment votre corps

Quand la température chute, l’organisme protège les organes vitaux et le cœur qu’il maintient autour de 37 °C. Pour limiter les pertes de chaleur au niveau de la peau, il déclenche une vasoconstriction périphérique : les petits vaisseaux des mains se resserrent. Pendant une marche active, le cœur bat plus vite et envoie davantage de sang vers les muscles et les extrémités. Le sang afflue alors vers des conduits partiellement fermés, ce qui crée une sorte de bouchon circulatoire.

Une partie du liquide quitte les vaisseaux pour se loger dans les tissus voisins, qui se gorgent de sang et de lymphe : c’est l’œdème orthostatique, un gonflement bénin lié à la position debout prolongée. Les jambes disposent d’un puissant allié, la pompe musculaire des mollets, activée à chaque pas et qui renvoie le sang vers le haut. Les mains, elles, restent souvent pendantes et peu sollicitées, ce qui laisse ce surplus de liquide s’accumuler dans les doigts.

Gravité, bras ballants et balancier : pourquoi l’hiver aggrave le gonflement

En marchant les bras le long du corps, vos mains se trouvent en permanence sous le niveau du cœur. La gravité attire alors le sang et la lymphe vers ce point le plus bas, tandis que les veines doivent lutter pour remonter ce flux. Dans le froid, où les vaisseaux sont déjà rétrécis, ce retour veineux devient encore plus laborieux, d’où cette impression de lourdeur, de doigts tendus et raides au fil des kilomètres.

Le balancement naturel des bras ajoute un effet de fronde qui accentue tout. À chaque foulée, le mouvement projette le sang vers l’extrémité des doigts, un peu comme un liquide poussé vers le fond d’un récipient en rotation. Sur une marche longue, répétée pendant une vingtaine de minutes ou davantage, ce mécanisme finit par dépasser les capacités de drainage des veines des mains, surtout quand le froid maintient les vaisseaux contractés.

Les gestes qui soulagent : remettre vos mains au travail pendant la marche

La bonne nouvelle, c’est que ce gonflement répond très bien à de simples gestes mécaniques. Sans vous arrêter, serrez les poings comme si vous écrasiez une petite balle souple, puis ouvrez largement les mains en écartant bien chaque doigt. Répétez plusieurs cycles, en rythme avec vos pas ou votre respiration. Ces contractions et relâchements activent la pompe des muscles de l’avant-bras, compriment les veines puis les relâchent, et forcent le sang à remonter vers le cœur en quelques minutes.

Pour limiter l’apparition du problème, beaucoup de marcheurs utilisent des bâtons de marche : les mains restent plus hautes, le balancier est contrôlé et la prise du bâton fait travailler les muscles en continu. Lever les bras au-dessus du cœur, ou les poser quelques instants sur les bretelles du sac toutes les 10 à 15 minutes, aide aussi la gravité à drainer l’excès de liquide. Retirer bagues et montres serrées avant une longue sortie dans le froid évite les points de compression. En cas de mains très douloureuses, très rouges ou gonflées d’un seul côté, surtout si d’autres symptômes apparaissent, un avis médical reste nécessaire.

En bref

  • Marcheurs en ville ou en randonnée voient mains qui gonflent en marchant l’hiver, avec doigts rouges et bagues qui serrent pendant les longues sorties.
  • Froid, vasoconstriction périphérique, gravité et bras ballants se combinent pour provoquer un œdème orthostatique des doigts lors de la marche prolongée.
  • Gestes simples, usage de bâtons de marche et quelques ajustements d’équipement limitent ce gonflement, tandis que certains signes imposent de consulter un professionnel.