Laits infantiles rappelés : ce 3e décès de bébé en France réveille une angoisse que tous les parents redoutent
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Un troisième nourrisson est mort en France après avoir consommé un lait infantile rappelé, relançant l’angoisse de milliers de parents. Entre bilans, enquêtes et rappels en série, où en est vraiment cette crise ?
Une nouvelle alerte secoue la crise des laits infantiles rappelés. Les autorités sanitaires françaises ont confirmé la mort d’un troisième nourrisson ayant consommé un produit concerné par les retraits en cours, alors que des centaines de milliers de parents scrutent déjà les boîtes rangées dans leurs placards.
Cette affaire a commencé mi-décembre avec un rappel massif lancé par Nestlé dans une soixantaine de pays, en raison de la possible présence de céréulide, une toxine capable de provoquer des vomissements parfois graves chez les bébés. Depuis, les rappels se sont enchaînés et le bilan ne cesse d’évoluer, sans que toutes les réponses soient sur la table.
Laits infantiles : ce que l’on sait du troisième décès en France
Dans un point publié mercredi 11 février, le ministère de la Santé indique : « Au 11/02/2026, trois signalements de décès de nourrissons ont été portés à la connaissance des autorités sanitaires françaises chez des enfants pour lesquels la consommation de laits infantiles concernés par les retraits-rappels a été rapportée », avant de rappeler : « À ce jour, aucun caractère d’imputabilité n’a été établi scientifiquement » et de préciser : « Des enquêtes judiciaires sont en cours pour ces signalements. », cité par Parents.fr. Quatorze hospitalisations de nourrissons ayant certainement ou possiblement consommé ces laits sont aussi recensées, contre 11 auparavant.
Le troisième décès concerne une fillette de 8 mois, morte le 5 février à Sainte-Foy-de-Peyrollières (Haute-Garonne). Selon le procureur de Toulouse David Charmatz, l’examen de la dépouille n’a pas mis « en évidence de signes de violences » ni permis « d’identifier formellement la cause du décès ». « De très nombreuses analyses scientifiques sont donc actuellement en cours pour établir la cause de ce décès » et « prendront plusieurs semaines », a-t-il ajouté, tout en disant vouloir éviter d’ »ajouter à la psychose ». Le lait qu’elle consommait ne fait pas partie des lots officiellement rappelés.
Une crise des laits infantiles contaminés encore très encadrée par les enquêtes
Depuis mi-décembre, les rappels se sont étendus à d’autres géants comme Danone et Lactalis, puis à des fabricants plus petits. Début février, les autorités européennes ont abaissé les seuils tolérés de céréulide, ce qui a déclenché une nouvelle vague de retraits de lots. Une vaste enquête sanitaire est en cours en France pour déterminer si les décès et hospitalisations peuvent être attribués aux produits incriminés.
Pour l’instant, la France reste le seul pays européen à avoir signalé des décès après consommation avérée de ces laits, alors que d’autres États, dont le Royaume-Uni, rapportent plusieurs hospitalisations, sans lien de cause à effet établi. Le ministère insiste : les enfants décédés ont consommé des laits rappelés, mais cela ne prouve pas que ces produits soient la cause directe de leur mort.
Associations, justice et parents : la pression monte autour des laits infantiles rappelés
Face à ces incertitudes, l’Association pour la santé des enfants estime que ce troisième décès « confirme que la crise sanitaire est loin d’être maîtrisée ». Elle souligne que « les informations rendues publiques montrent que plusieurs marques de laits infantiles, impliquant des industriels majeurs, ont utilisé un même ingrédient : une huile riche en acide arachidonique (ARA). » L’association regrette que les autorités n’aient pas ordonné « le rappel exhaustif de tous les laits fabriqués avec cet ARA ».
En parallèle, l’ONG Foodwatch et plusieurs familles ont engagé une action en justice contre l’État et certains fabricants, qu’ils accusent d’avoir tardé à rappeler les produits et à informer le public. Les autorités, elles, rappellent aux parents de « vérifier les références des produits achetés et de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de symptômes » chez leur nourrisson, tandis que les résultats des analyses et enquêtes restent très attendus.
En bref
- Le 11 février 2026, le ministère de la Santé confirme un troisième décès de nourrisson en France après consommation signalée de laits infantiles rappelés.
- Le cas d’une fillette de 8 mois près de Toulouse et les hospitalisations recensées alimentent enquêtes sanitaires et judiciaires autour de la toxine céréulide.
- Entre critiques de Foodwatch et de l’Association pour la santé des enfants et soupçons autour d’une huile ARA, la gestion de cette crise interroge.
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