Ces petits mensonges que vous dites chaque jour sans le savoir prouvent en fait quelque chose de rassurant

Publié le ParRédaction Elle adore
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Cadeaux ratés, « ça va ? » machinal et excuses arrangées rythment nos journées plus qu’on ne l’imagine. Derrière ces petits écarts, un mécanisme discret façonne nos liens.

Vous ouvrez un cadeau qui ne vous plaît pas vraiment, votre sourire se fige un peu, puis les mots sortent tout seuls : « C’est superbe, merci ! ». Vous n’avez pas préparé cette phrase, elle se déclenche comme un réflexe. Dans ces moments-là, on a rarement l’impression de mentir, plutôt de faire ce qu’il faut pour ne blesser personne.

Si l’on regarde de près une journée ordinaire, on réalise que on ment tous bien plus souvent qu’on ne le croit. Un « ça va » poli alors que la fatigue est là, une excuse pour un léger retard, un compliment appuyé sur un plat raté : la distorsion de la réalité s’invite partout. Ce constat peut faire peur au premier abord, pourtant la raison derrière ces micro-mensonges est étonnamment rassurante.

Ces petits mensonges prouvent que l’on ment tous, sans toujours le vouloir

Des observations comportementales montrent que, lors d’une simple conversation de dix minutes avec quelqu’un que l’on connaît à peine, une personne moyenne glisse déjà plusieurs inexactitudes. Ce ne sont pas des scénarios inventés pour profiter de l’autre, mais de petites retouches de vérité pour éviter un malaise ou un conflit inutile.

Dans la plupart des cas, ces écarts s’apparentent à un réflexe de survie sociale. Notre cerveau a intégré que dire tout ce que l’on pense, de façon brute, rendrait la vie en groupe presque invivable. Il ajuste donc le discours spontanément, comme un filtre qui adoucit les angles et préserve la relation, parfois même sans que l’on en ait conscience.

Un réflexe de survie sociale… qui révèle une vraie intelligence émotionnelle

Mentir un peu, ce n’est pas choisir la facilité. Pour qu’un mensonge de politesse fonctionne, il faut lire l’expression de l’autre, deviner ses attentes, anticiper sa réaction, puis formuler une réponse crédible qui ne semble pas forcée. Tout cela demande un effort mental plus grand que de simplement dire la vérité.

Cette gymnastique mobilise une forme d’intelligence émotionnelle. L’exemple de Daniel Radcliffe l’illustre bien. Interrogé sur son fils, il raconte : « Mon fils sait-il qui est Harry Potter ? Non, pas encore », a-t-il expliqué dans une interview au New York Times. Puis il ajoute : « Tant que je peux être simplement son père, sans qu’il me voie autrement, je préserverai cela ». Il ne dit pas tout à son enfant, non pour le tromper, mais pour le protéger et lui offrir une enfance la plus normale possible.

Accepter que l’on ment tous, et apprendre à choisir ses mensonges

Les mensonges ne se valent pas. Il existe ceux qui protègent un lien, et ceux qui le rongent, comme les tricheries assumées qui mènent parfois à la disqualification d’un sportif. Les petits écarts évoqués ici relèvent d’un outil de cohésion sociale, décrit comme universel et inévitable. En prendre conscience aide à lâcher une culpabilité stérile et à observer plus lucidement ce que l’on fait.

Un repère simple consiste à se poser quelques questions : ce que je cache protège-t-il vraiment l’autre ou seulement mon image ? La personne souffrirait-elle si elle découvrait la vérité plus tard ? Suis-je encore en accord avec mes valeurs en parlant ainsi ? Cet examen honnête permet de garder une authenticité de fond, tout en acceptant que les relations humaines se tissent aussi avec ces petites zones floues du discours.

En bref

  • Dans nos journées ordinaires, on ment tous en accumulant des petits écarts de vérité, illustrés par l’exemple de Daniel Radcliffe avec son fils.
  • Ces mensonges de politesse, reflets d’une forme d’intelligence sociale, s’invitent dans les cadeaux, les retards, les « ça va ? » et les compliments.
  • En observant leurs intentions et leurs effets, ces micro-mensonges deviennent un repère pour ajuster son authenticité sans renoncer aux codes du vivre-ensemble.