Si vos pulls boulochent et que vos jeans se détendent, ce détail sur l'étiquette doit vous faire fuir

Publié le ParRédaction Elle adore
Si vos pulls boulochent et que vos jeans se détendent, ce détail sur l’étiquette doit vous faire fuir © Reworld Media

Au Relais de Provence, des montagnes de vêtements acryliques de fast fashion arrivent déjà usés après trois ports. Ce que révèlent ces pièces jetables sur nos achats et nos lavages change radicalement la façon de remplir son dressing.

Pulls qui boulochent, jeans qui se détendent, serviettes rêches malgré le lavage : beaucoup ont le sentiment que leurs vêtements s’abîment plus vite qu’avant. Certains incriminent la machine ou l’eau calcaire. En observant de près les étiquettes et la façon de laver, une autre explication apparaît.

À Avignon, le Relais de Provence trie les vêtements donnés. Là, les équipes voient arriver des pièces de fast fashion presque neuves. « On reçoit de plus en plus de vêtements acryliques. Ils sont portés trois fois et quand nous les récupérons ils sont déjà usés et déformés donc on ne peut rien en faire », déplore David Fillon, directeur du Relais de Provence, cité par Midi Libre. Il vise des marques comme Shein, Temu ou Kiabi qui « utilisent les mêmes méthodes de conception ».

Vêtements acryliques : le vrai problème

Le point commun de ces pièces jetables apparaît à la lecture de l’étiquette : une majorité de fibres synthétiques, souvent de l’acrylique, associée à beaucoup d’élasthanne. Cette combinaison donne des tissus très souples, agréables à l’essayage, mais sans réelle tenue. Pulls qui se détendent, genoux marqués, fesses aplaties : la maille finit par suivre chaque mouvement au lieu de soutenir la silhouette.

À l’inverse, un jean droit taille haute en denim épais, idéalement en coton majoritaire avec moins de 2 % d’élasthanne, garde sa forme lavage après lavage. La toile plus rigide gaine légèrement le ventre, soutient les fesses et ne se détend pas aux chevilles. Elle libère aussi moins de microplastiques qu’un tissu très stretch, ce qui limite la pollution liée aux lavages.

Lessive : ce qui use le linge

Le lavage joue aussi un rôle clé dans cette usure accélérée. Beaucoup pensent qu’ajouter plus de produit aidera à venir à bout des taches et des mauvaises odeurs. Or, au-delà de 30 ou 40 ml de lessive liquide, la mousse formée dans le tambour crée un coussin d’air entre les tissus. Le linge frotte moins, l’eau pénètre mal au cœur des fibres et la saleté reste en partie emprisonnée.

Autre effet collatéral, la machine ne parvient plus à rincer tout ce détergent. Les vêtements ressortent avec une sensation savonneuse, des traînées blanches peuvent apparaître sur les couleurs foncées et le bac à produit s’encrasse. Pour une machine de 5 kg, une dose de 15 à 30 ml suffit à laver correctement. Le linge reste souple, moins rêche, et les couleurs conservent mieux leur éclat.

Faire durer et donner ses vêtements

Pour David Fillon, « S’il pleut ou que l’humidité s’infiltre, le vêtement est fichu » et « Ce sont des assemblages de matières compliqués à recycler. Il faudrait des outils spécifiques, que nous n’avons pas en France. Les développer prendra encore des années », explique-t-il. À l’export, « Ils ne sont pas là pour prendre toute la misère du monde et de la France en particulier, donc on essaie de limiter. Et nos stocks grossissent encore ». Quant aux vêtements de meilleure qualité, ils finissent en friperie, vendus « en moyenne trois à quatre fois moins cher que le prix d’origine ».

En bref

  • À Avignon, David Fillon du Relais de Provence voit affluer des vêtements acryliques de fast fashion, usés après trois ports et invendables en friperie.
  • Fibres très synthétiques, tissus ultra‑stretch et surdosage de lessive transformeraient ces pièces en vêtements rêches, déformés et ternes en quelques lavages seulement.
  • Entre matières à éviter, gestes de lavage à ajuster et alternatives plus durables, une façon de choisir ses vêtements se dessine pour prolonger leur vie.