Leroy Merlin vend cette peinture isolante censée réduire vos factures, mais un détail devrait vous freiner

Publié le ParRédaction Elle adore
Leroy Merlin vend cette peinture isolante censée réduire vos factures, mais un détail devrait vous freiner © Reworld Media

Promis comme un bouclier thermique digne de la NASA, la peinture isolante séduit les foyers inquiets pour leurs factures. Entre confort réel et mirage marketing, où se situe la vérité ?

Les factures de chauffage qui s’envolent, les murs glacials et les publicités promettant quelques degrés en plus avec un simple rouleau de peinture… La peinture isolante fait briller les yeux de nombreux propriétaires. Sur les réseaux, certains discours la présentent presque comme un bouclier thermique digne de la NASA, capable de transformer une passoire énergétique sans travaux lourds.

Dans un contexte où l’ancienne isolation à 1 € a disparu et où les fraudes à la rénovation se sont multipliées, l’idée d’isoler sa maison sans perdre de mètres carrés paraît très tentante. Entre allure de produit miracle et solution de confort, la frontière n’est pourtant pas si nette.

Peinture isolante : promesse d’isoler sa maison sans gros travaux

Les fabricants de peinture isolante thermique mettent en avant des technologies à base de microbilles ou micro‑sphères de céramique et de verre, parfois de polyuréthane, enfermées dans une résine acrylique avec des pigments réflecteurs. Le principe annoncé : le mur se comporte comme un miroir, renvoyant le rayonnement infrarouge vers l’intérieur au lieu de laisser la chaleur filer à travers la paroi.

Chez Leroy Merlin, une peinture de ce type est décrite comme créant une barrière à la fois thermique et acoustique, sans composés organiques volatils, avec un support respirant et une capacité à absorber du CO₂ lors du durcissement. Vendue autour de 62 € le seau de 7,5 litres, elle coûte plus cher qu’une peinture classique, mais bien moins qu’une isolation thermique par l’extérieur.

La physique rappelle vite les limites de la peinture isolante

Pour une vraie isolation, on regarde surtout la résistance thermique R, qui dépend beaucoup de l’épaisseur. Un isolant classique comme la laine de roche ou le polystyrène affiche entre 10 à 30 cm d’épaisseur. Une couche de peinture sèche, elle, tourne autour de 0,2 à 0,5 mm. Les sources rappellent que 0,5 mm de peinture ne permettra jamais de remplacer physiquement 15 cm d’isolant fibreux.

En clair, la peinture agit surtout sur le rayonnement et la température de surface, pas sur la conduction au cœur du mur. Elle réduit l’effet de paroi froide, peut atténuer légèrement les bruits et limiter la condensation sur un mur, mais ne transformera pas un DPE ni ne justifiera des aides comme MaPrimeRénov’ ou les primes CEE, réservées aux isolations plus épaisses réalisées par des professionnels RGE.

Dans quels cas la peinture isolante a vraiment un intérêt ?

Sur le terrain, cette solution ressemble à un isolant mince de confort. Elle devient intéressante pour une chambre exposée au nord, un mur donnant directement sur l’extérieur ou une salle de bains où la condensation revient sans cesse. À condition que le support soit sain, propre, dur, sans poussière ni graisse : il faut retirer les parties mal adhérentes, bien mélanger puis appliquer deux couches avec 6 à 8 heures de séchage entre chaque passage.

Pour vous repérer, quelques repères simples peuvent aider :

  • Bonne idée : pièce ponctuellement froide, mur sain, budget limité, impossibilité de lancer des travaux lourds immédiats.
  • Moins utile : maison globalement très mal isolée, murs humides, recherche de fortes économies d’énergie ou d’aides publiques importantes.

Dans ces cas, la peinture isolante Leroy Merlin ou ses équivalents restent un complément de confort, en attendant une rénovation énergétique plus ambitieuse.

Sources

En bref

  • Entre fin de l’isolation à 1 €, méfiance face aux fraudes et murs glacials, la peinture isolante promet de réchauffer les logements sans gros travaux.
  • La peinture isolante thermique, à base de microbilles réfléchissantes, améliore surtout la température de surface des murs mais reste loin des performances d’une vraie isolation.
  • Conseils d’application, cas où cette peinture apporte un vrai gain de confort et situations où elle devient un simple cache-misère invitent à revoir ses priorités.