Hortensias : ce moment que personne ne vous indique mais qui change tout pour la couleur de vos fleurs cet été
© Reworld Media
À la fin de l’hiver, quelques poignées de terre bien choisies suffisent à faire virer vos hortensias du bleu au rose. Encore faut‑il savoir quoi ajouter au sol, et surtout à quel moment précis s’y mettre.
Dans les jardins d’été, les hortensias font rêver avec leurs grosses boules bleues, roses ou mauves. Beaucoup pensent que cette couleur est figée, décidée une fois pour toutes en pépinière. Pourtant, il est possible de changer la couleur des hortensias rien qu’en modifiant un peu la terre à leurs pieds.
Tout se décide quand l’hiver s’achève et que le jardin semble encore endormi. Le sol commence déjà à travailler pour la floraison de l’été, et ce que vous y mélangez maintenant orientera la teinte des futures fleurs. Personne ne vous le dit, mais c’est maintenant que vos hortensias peuvent changer de couleur.
Fin d’hiver : l’instant clé des hortensias
À la fin de l’hiver, les branches semblent dormir, mais les racines se réveillent et absorbent tout ce qui se trouve dans le sol. Les apports de sulfate d’aluminium ou de chaux ont besoin de semaines pour se dissoudre. Attendre les boutons floraux signifie souvent agir trop tard pour la couleur.
Les passionnés le savent, comme François et Jeanne qui sortent chaque année leur kit de test fin février. En voyant son voisin gratter la terre, Jeanne souffle : « On devine déjà la couleur dans ses yeux », a-t-elle confié à My-jugaad. François résume : « Tout se joue là, t’imagines ? Des mois d’attente pour ça… ».
pH, aluminium et couleur de l’hortensia
L’hortensia réagit au pH du sol comme un papier tournesol vivant. Quand la terre est acide, avec un pH entre 5 et 5,5, les fleurs deviennent bleues ; au-delà de 6 ou 6,5, en sol neutre à calcaire, elles virent au rose. En découvrant un pH trop élevé, François a soupiré : « L’an dernier, mes hortensias m’ont encore trahi ».
L’aluminium présent dans la terre fait la différence : en sol acide il devient soluble et la plante l’absorbe, la fleur bleuit ; en sol basique il reste bloqué et laisse la couleur rose. Pour bleuir, les jardiniers utilisent du sulfate d’aluminium ; pour rosir, de la chaux ou de la cendre de bois remontent le pH. « Il suffit d’une poignée en trop, et tout bascule l’été venu », rappelle Jeanne.
Test de sol et eau : les bons réflexes
Pour ne pas se tromper, ils commencent par un test de pH avec un kit : terre mélangée à l’eau distillée, couleur qu’on compare au nuancier. Dans ce rituel, l’un surveille la taille « pour ne pas couper trop court ». L’autre prévient : « Le soleil tape trop et c’est la cata, les feuilles grillent. L’arrosage… une goutte trop calcaire et c’est fini aussi. »
Après ces gestes, seule l’eau de pluie évite que l’eau du robinet calcaire ne fasse remonter le pH. Jeanne se souvient : « Quand j’ai vu mon massif bleu roi, fierté absolue ! Mais ça n’a pas duré, il a suffi d’oublier mon test l’année d’après… retour au rose. » Beaucoup de jardiniers partagent ce sentiment : « On rame toute l’année, on espère, on cherche le bon geste… et finalement le moindre oubli, c’est la plante qui a le dernier mot. »
En bref
- Fin février, François et Jeanne ajustent le pH du sol de leurs hortensias Hydrangea macrophylla pour tenter de contrôler la couleur des futures fleurs.
- Entre sulfate d’aluminium, chaux agricole, cendre de bois et eau de pluie, chaque geste modifie le pH du sol et oriente la teinte estivale.
- En testant le sol et en ajustant paillage et arrosage, il devient possible de faire évoluer la couleur des hortensias, non sans quelques pièges.
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