Hiver : arrêter la crème solaire paraît logique… les dermatos expliquent pourquoi c’est un dangereux faux pas

Publié le ParRédaction Elle adore
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En janvier, vous rangez la crème solaire en pensant que le froid vous protège. Entre UVA persistants et indice UV trompeur, les dermatos nuancent clairement le risque.

En plein mois de janvier, on remet les gros manteaux, on grelotte aux arrêts de bus… et on laisse le tube de crème solaire au fond du placard, persuadé que le soleil d’hiver n’a plus d’impact.

Les dermatologues, eux, rappellent que les rayons restent actifs même quand on ne sent plus leur chaleur. Entre discours anxiogènes sur les réseaux et réflexe de tout ranger en hiver, difficile de savoir ce qui est raisonnable. Alors, zapper la crème solaire en hiver est-il anodin… ou pas du tout ?

Ciel gris, vitres et open space : les UVA ne s’arrêtent pas l’hiver

On confond souvent froid et absence de rayonnement. Les UVB, responsables des coups de soleil, baissent en hiver, mais les UVA, eux, restent presque constants. Près de 80 % d’entre eux traversent les nuages et atteignent le sol, même par temps couvert, et ils passent aussi au travers des vitres. « Même à faible dose, les UV altèrent les lipides protecteurs, fragilisent les fibres de collagène et entretiennent une inflammation silencieuse », rappelle la Dr Filali, auteure de My Skincare code, citée par Marie Claire.

Qui risque quoi quand on oublie la crème solaire en hiver ?

Les UVA pénètrent profondément, abîment le collagène et comptent pour près de 80 % du vieillissement prématuré : rides, taches, relâchement. Les peaux claires, phototypes I à III, ont un capital solaire limité ; une vingtaine de minutes d’exposition non protégée par jour, même en hiver, suffit pour que les dommages s’accumulent. Les peaux mates ou foncées, phototypes IV à VI, disposent d’un SPF naturel autour de 13, mais restent exposées aux mêmes UVA, avec risque d’hyperpigmentation et de teint terne.

Les spécialistes se rejoignent sur un fait : les UV ne s’arrêtent jamais. Pour la Dr Filali, « La protection solaire, c’est non négociable … sans interruption ! ». D’autres dermatologues rappellent que la décision doit tenir compte de l’indice UV, de la durée d’exposition et de l’état de la peau, déjà fragilisée l’hiver par le froid, le chauffage, la pollution et la lumière bleue.

Indice UV : quand la crème devient vraiment indispensable

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande des protections dès que l’indice UV atteint 3. En France, même en hiver, ce seuil est parfois franchi autour de midi, et très souvent en montagne, surtout avec la neige qui renvoie la lumière. Pour simplifier, les dermatologues conseillent d’ajuster la crème à quelques situations très concrètes :

  • Indice UV à 1 ou 2 et sorties brèves : l’oubli reste acceptable pour une peau sans risque.
  • Indice UV à 3 ou plus, marche ou déjeuner d’environ 20 minutes : un SPF 30 sur le visage et les mains devient utile.
  • Journée de ski ou de randonnée en montagne : altitude et neige majorent les UV, un SPF 50+ renouvelé régulièrement s’impose.

Comment choisir sa crème solaire en hiver sans en faire trop

Pour les peaux sensibles, la Dre Filali conseille les filtres minéraux : « Pour optimiser la tolérance, on recommande surtout les filtres minéraux comme l’oxyde de zinc ou le dioxyde de titane, qui agissent comme de petits miroirs en réfléchissant les rayons à la surface de la peau. Ils sont inertes, moins susceptibles de pénétrer l’épiderme et donc bien mieux tolérés », explique-t-elle. Elle ajoute que « Certaines peaux sensibles tolèrent mieux un SPF 30 qu’un SPF 50 ».

En bref

  • En plein hiver, la dermatologue Dr Filali alerte sur les effets invisibles des UVA, même derrière les vitres des bureaux et voitures.
  • Les spécialistes expliquent comment l’indice UV, la durée d’exposition et votre phototype orientent l’intérêt d’une crème solaire en hiver.
  • Entre routines SPF quotidiennes des réseaux sociaux et approches plus mesurées, les recommandations des dermatologues réservent des nuances surprenantes sur l’hiver.