Pleurs de bébé : ce détail dans leur cri que presque tous les parents ignorent (et qui change tout pour l’apaiser)
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Au cœur de la nuit, les pleurs de bébé semblent parfois insolubles, entre faim, coliques et fatigue. Et si la clé se nichait dans un détail sonore et contextuel que beaucoup ignorent encore ?
Minuit passé, le silence est coupé par les pleurs de bébé qui montent d’un coup, stridents, presque impossibles à ignorer. Vous avez déjà vérifié la couche, proposé un biberon, bercé pendant de longues minutes, en vous demandant si vous deviez reconnaître « le » pleur de faim ou « le » pleur de fatigue qui ferait de vous un parent accompli.
Des chercheurs du CHU et de l’Université de Saint-Étienne ont justement montré que ce fameux « langage des pleurs » n’existe pas vraiment. En réalité, un détail sonore, souvent oublié dans la panique, change tout pour apaiser un nourrisson : non pas ce que le cri veut dire mot à mot, mais l’urgence qu’il exprime.
Comprendre les pleurs de bébé : une alarme, pas un message codé
Enregistrant 24 bébés pendant leurs quatre premiers mois, les scientifiques ont accumulé 3 600 heures de sons et près de 40 000 petites « syllabes » de pleurs. Une intelligence artificielle entraînée à deviner la cause des cris – faim, inconfort, isolement – n’a obtenu que 36 % de bonnes réponses, à peine mieux que le hasard, et des adultes entraînés n’ont pas fait mieux. Autrement dit, le son seul ne dit pas clairement : « j’ai faim » ou « change ma couche ».
Ce que les pleurs transmettent de façon fiable, c’est surtout le niveau de détresse grâce à la rugosité acoustique. Un pleur harmonique, presque chantant, correspond souvent à un inconfort modéré, comme un peu de froid après le bain. Un cri chaotique, grinçant, typique d’une vaccination, signale une urgence. Côté cerveau, l’IRM fonctionnelle de 80 adultes a montré que, face à ces sons, « Tous les cerveaux réagissent lorsqu’ils perçoivent des pleurs de nourrissons », explique le Pr Nicolas Mathevon, biologiste, au magazine Parents.
Le détail oublié : écouter l’intensité du cri et regarder le contexte
La clé est là : avant de chercher la cause précise, écouter si le pleur est plutôt mélodieux ou très râpeux, saccadé. Ce grain de voix en dit plus sur la force de la détresse que le volume ou le fait qu’il soit aigu ou grave. Ensuite vient le contexte : dernière tétée, couche pleine, fièvre possible, vaccin récent, temps passé seul dans le lit. Le parent devient enquêteur, pas traducteur d’un code secret.
Les travaux de Saint-Étienne montrent aussi que le fameux instinct maternel est un mythe. Mères et pères reconnaissent aussi bien les pleurs de leur enfant dès lors qu’ils passent autant de temps avec lui, et des adultes sans enfants apprennent en moins d’une minute à distinguer la voix d’un bébé. « On peut supposer que la réaction serait encore plus forte avec le pleur de son propre bébé, mais nous n’en avons pas encore la certitude », précise le Pr Mathevon. Ce sont l’expérience et l’empathie qui sculptent le « cerveau parental ».
Garder son calme et apaiser le corps du bébé
Quand les pleurs explosent, la première étape consiste à faire redescendre sa propre tension pour ne pas entrer, soi aussi, en mode alarme. Les coliques du nourrisson touchent jusqu’à un quart des bébés et peuvent mener à des crises longues, épuisantes ; dans ces moments, le risque de geste violent comme le syndrome du bébé secoué augmente. Se relayer avec l’autre parent, poser le bébé en sécurité quelques minutes, appeler un proche sont déjà des réponses adaptées.
Viennent ensuite les gestes concrets, choisis en fonction de ce que le contexte laisse penser : contact rassurant en peau à peau, portage serré contre le cœur, bain tiède qui rappelle le liquide amniotique, massage du ventre en cas de gaz, balancement dans un fauteuil à bascule. Certains bébés se calment bien avec la « position du bouddha » ou la technique du pédiatre Dr Robert Hamilton, qui replie délicatement les bras sur le torse en penchant légèrement le corps vers l’avant. D’autres réagissent au bourdonnement grave du « Om » ou au massage tout doux des sourcils, qui favoriserait la libération d’ocytocine. Quand on écoute l’intensité du cri et que l’on ajuste ces gestes, le son des pleurs change peu à peu, signe que la tempête intérieure retombe.
En bref
- Au CHU de Saint-Étienne, Nicolas Mathevon étudie les pleurs de bébé de 24 nourrissons, enregistrés des heures durant pour comprendre ce signal si déroutant.
- Les recherches montrent une alarme indifférenciée, un niveau de détresse variable et un détail vocal négligé qui peut orienter les gestes pour calmer bébé.
- Entre mythe de l’instinct maternel, coliques du nourrisson et risque de bébé secoué, une autre façon d’écouter ces pleurs pourrait tout changer pour la famille.
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