Canicule : cette invention au simple sel promet de refroidir une pièce sans électricité jusqu'à 15 °C

Publié le Par Rédaction Elle adore
Canicule : cette invention au simple sel promet de refroidir une pièce sans électricité jusqu’à 15 °C © Reworld Media

Alors que les canicules se multiplient en France, une équipe de chercheurs teste un système capable de refroidir une pièce sans électricité. Entre drap humide et sel régénéré au soleil, jusqu’où cette piste peut-elle alléger nos nuits d’été ?

Canicule, volets clos, ventilateur en panne ou facture trop salée : beaucoup cherchent comment refroidir une pièce sans électricité. Dans les labos, une invention qui n’a besoin que d’un sel, d’un peu d’eau et du soleil commence à faire parler d’elle. Assez pour transformer des chambres étouffantes en cocons frais, sans prise murale ?

Avant d’imaginer ce mini-frigo solaire, un détour par le passé s’impose. Car le principe qui intrigue les chercheurs rappelle un geste de grand-mère : le drap humide accroché à la fenêtre les nuits de canicule. Même logique physique, poussée beaucoup plus loin. Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.

Avant la chimie high-tech : comment on refroidissait déjà sans électricité

Bien avant les climatiseurs, les habitants des maisons andalouses tendaient des tissus mouillés aux fenêtres. Ce « botijo effect » repose sur le refroidissement par évaporation : l’air chaud traverse un tissu humide, l’eau s’évapore et absorbe au passage une partie de la chaleur. Résultat, l’air qui entre a perdu quelques calories et paraît plus frais.

Les mesures varient, mais beaucoup de tests parlent d’une baisse d’environ 2 à 3 °C, parfois 2 à 5 °C si l’air extérieur est très sec. Le geste fonctionne surtout dans les régions sèches (Sud-Est, centre, Est) et nettement moins dans un air déjà humide, comme sur les côtes atlantiques. Le bon combo : un drap en coton assez épais, bien humide mais non dégoulinant, une fenêtre entrouverte, un léger courant d’air… et la patience d’attendre la nuit, quand l’air extérieur redescend enfin.

L’invention qui refroidit sans électricité : un sel, de l’eau et… le soleil

Dans le dispositif étudié par les chercheurs, tout part d’un sel industriel bien connu : le nitrate d’ammonium. Quand ce sel se dissout dans l’eau, il déclenche une dissolution endothermique : au lieu de dégager de la chaleur, la solution en absorbe autour d’elle. Autrement dit, le mélange « vole » des calories à l’air et aux parois du système, ce qui fait chuter sa température sans aucun compresseur ni électricité.

Concrètement, le sel et l’eau sont enfermés dans un récipient isolé. En quelques dizaines de minutes, la température descend jusqu’à des valeurs proches de celles d’un réfrigérateur, autour de 15–16 °C, et reste fraîche plusieurs heures. L’astuce suivante est tout aussi maligne : au soleil, l’eau s’évapore, les cristaux de sel se reforment, prêts pour un nouveau cycle. Ce froid « rechargeable » vise des petites pièces, des abris temporaires ou le stockage de denrées en zones peu ou pas raccordées au réseau. Avec un point non négociable : le nitrate d’ammonium reste un produit industriel, à manipuler uniquement dans des systèmes conçus par des spécialistes, pas dans une cuisine en plein mois d’août.

✨ L’astuce validée par la rédaction
Efficacité
8,5/10

Température atteinte en test
≈ 15–16 °C

🔍 Pourquoi ça fonctionne ?

La dissolution du nitrate d’ammonium est dite endothermique : en se mélangeant à l’eau, le sel absorbe beaucoup de chaleur au lieu d’en libérer. Placé dans un caisson isolé, ce « puits de calories » fait chuter la température jusqu’à un niveau proche d’un réfrigérateur, sans compresseur ni alimentation électrique.

💡

Le petit plus : le cycle est « rechargeable » au soleil : l’eau s’évapore, le sel se recristallise et le système peut être préparé à l’avance pour offrir du froid sur demande dans un petit espace, même loin du réseau électrique.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : tenter de reproduire ce procédé chez soi avec du nitrate d’ammonium ou de l’engrais. Ce produit sensible doit rester dans des dispositifs conçus et sécurisés par des professionnels.

En attendant cette invention : 3 méthodes vraiment sans électricité

En attendant une version grand public de ce système, d’autres gestes restent précieux pour refroidir une pièce sans électricité. Le drap humide d’abord, à condition de bien l’utiliser : coton épais, trempé à l’eau du robinet puis légèrement essoré, suspendu devant une fenêtre entrouverte la nuit. L’effet est modeste mais réel, surtout dans l’air sec, avec 2 à 3 °C gagnés entre nuit blanche et sommeil à peu près correct.

Autre allié discret : le sol. Une serpillière humide passée sur du carrelage ou de la pierre en soirée crée une « réserve de frais » qui se diffuse peu à peu. Des bouteilles d’eau congelée posées sur un plat au centre d’une petite pièce fermée absorbent aussi la chaleur en fondant. Les instituts du sommeil rappellent que la chambre idéale se situe entre 18 et 19 °C, seuil rarement atteignable en pleine canicule. Quelques degrés grappillés, combinés à des volets fermés le jour, suffisent pourtant souvent à rendre la chaleur simplement supportable.

En bref

  • 🌡️ En pleine canicule, des chercheurs étudient un dispositif au nitrate d’ammonium pour refroidir une pièce sans électricité à partir d’eau et de soleil.
  • 🔬 Ce système chimique promet un froid durable dans de petits espaces, tandis que les astuces d’évaporation comme le drap humide continuent d’offrir quelques degrés.
  • 🔎 Entre mini-frigo solaire et gestes de grand-mère, ce mélange d’innovation et de bon sens esquisse une nouvelle façon d’affronter les nuits d’été étouffantes.