Self-care : si vous êtes encore épuisé malgré vos rituels, c’est ce point précis qu’il faut changer
© Reworld Media
À l’heure où l’industrie du bien-être explose, beaucoup restent épuisés malgré leurs rituels. Et si une vie plus calme passait ailleurs que par le self-care ?
Vous avez téléchargé une appli de méditation, acheté une couverture lestée, ritualisé le dimanche batch cooking et réservé ce massage mensuel un peu trop cher. Tout est au carré, presque comme un protocole médical. Et pourtant, chaque mercredi, la fatigue tombe d’un coup. Journées au bureau, trajets, notifications, petites tensions familiales : chaque soir, il faut se remettre d’une vie qui ne laisse presque aucun répit.
Cette scène n’a rien d’anecdotique. L’industrie mondiale du self-care pèse plus de 450 milliards de dollars, soit environ 420 milliards d’euros, alors que les troubles anxieux, dépressifs et le stress chronique progressent encore. Un rapport 2024 du National Academies of Sciences appelle d’ailleurs à renforcer la prévention, pas seulement les outils pour tenir le coup. Et si la clé d’une vie plus calme était d’avoir moins à réparer, plutôt que de mieux récupérer ?
Quand le self-care ne suffit plus à créer une vie plus calme
Une amie a passé de longs mois à constituer ce qu’elle appelait sa « boîte à outils de récupération », raconte une autrice dans VegOut Mag. Appli de méditation, couverture lestée, repas préparés le dimanche, massage mensuel : elle suivait tout et restait pourtant épuisée dès le mercredi. Selon cette autrice, « Elle n’avait pas besoin de plus d’outils de récupération. Elle avait besoin de moins de choses dont se remettre. »
Beaucoup de guides français pour une vie plus calme listent des techniques utiles, de la respiration 4‑7‑8 à la méditation en passant par le yoga et l’organisation du temps. Tout cela aide, bien sûr. Sauf que, ajoute la même autrice, « Les environnements que l’on traverse chaque jour sont tellement exigeants qu’aucune quantité de yoga ou de journal intime ne peut vraiment compenser leur impact. » À un moment, les chiffres ne collent plus.
Moins d’expositions épuisantes pour une vie plus calme
Une piste différente consiste à regarder non pas ce que l’on fait pour se reposer, mais ce qui épuise vraiment. Pendant une semaine, noter à la volée les moments où l’énergie chute : open space bruyant, visioconférences à la chaîne, trajets interminables, conversation qui tourne au déversoir, groupe WhatsApp toujours allumé. Puis, pour chaque situation, estimer combien de temps il faut pour s’en remettre. C’est le « coût de récupération » caché.
À partir de là, l’enjeu n’est plus d’ajouter un rituel le soir, mais de faire baisser ce coût. Négocier une journée de télétravail, fermer les notifications le soir, décliner une soirée où l’on va surtout gérer les autres, chercher une colocation plus paisible, alléger son intérieur façon minimalisme : toutes ces micro-décisions relèvent du mouvement slow living et créent peu à peu des environnements épuisants moins présents, moins intenses.
Construire une vie plus calme en changeant ses environnements
Dans cette logique, le self-care ne disparaît pas, il change de place : il vient consolider une journée déjà moins agressive au lieu de réparer un champ de ruines. Au fond, certaines personnes n’ont pas besoin d’une nouvelle bougie ni d’une autre appli, mais de moins de pièces où elles se sentent en trop et de moins de conversations qui ressemblent à du travail. Le vrai geste douceur devient alors de retirer une source de bruit, avant d’ajouter un nouveau rituel.
En bref
- En 2024, entre l’essor du self-care et l’alerte du National Academies of Sciences, une autrice raconte l’épuisement persistant de son amie.
- Le texte interroge la logique des techniques classiques de gestion du stress et propose une autre manière de viser une vie plus calme.
- En filigrane, il esquisse comment réduire certains environnements épuisants pourrait transformer durablement le bien-être sans multiplier les rituels du soir.
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