Arbres fruitiers : cette erreur de plantation que tout le monde fait encore les condamne en silence
© Reworld Media
Chaque hiver, des jardiniers plantent leurs jeunes arbres fruitiers avec soin, puis les condamnent sans le savoir dès la première pelletée. Quel détail, au pied du tronc, fait toute la différence entre un verger vigoureux et un arbre qui dépérit ?
On soigne le trou, on bichonne la terre, on arrose généreusement… puis on commet ce geste qui condamne le jeune arbre fruitier dès le premier jour. Au printemps, beaucoup de scions tout juste achetés meurent à petit feu pour une raison simple, passée inaperçue au moment de la plantation.
En rebouchant le trou, la terre remonte souvent haut sur le tronc, parfois avec le paillage par-dessus, jusqu’à recouvrir le collet et le point de greffe. L’arbre semble mieux tenu, mieux protégé du froid. En réalité, il commence à s’asphyxier en silence.
Profondeur de plantation : le faux geste rassurant qui étouffe l’arbre fruitier
Scène classique : on creuse large, on mélange une belle dose de compost, on installe le scion, puis on tasse bien la terre contre la base du tronc pour qu’il ne bouge pas. Par prudence, la « cuvette » d’arrosage se transforme en cuvette profonde où le pied reste constamment humide. Le collet disparaît, le bourrelet de greffe aussi.
Or l’écorce de la partie aérienne n’est pas faite pour vivre enfouie dans un terreau humide. L’humidité stagnante crée un microclimat idéal pour les champignons responsables de maladies cryptogamiques, dont la redoutée pourriture du collet. Les tissus qui conduisent la sève se dégradent, l’arbre s’affaiblit, les feuilles jaunissent, la croissance stagne, les fleurs avortent et les fruits ne viennent jamais.
Collet et point de greffe : les deux repères vitaux à garder hors de terre
Le collet marque la jonction entre les racines et le tronc. Juste au-dessus se trouve le point de greffe, ce renflement qui unit le porte-greffe robuste à la variété choisie, celle qui doit donner de belles pommes ou cerises. Enterrer l’un ou l’autre revient à serrer un garrot sur la zone la plus sensible de l’arbre.
La règle pour la bonne profondeur de plantation d’un arbre fruitier est très simple : le collet doit affleurer le niveau du sol fini, visible, jamais enfoui, et le point de greffe rester 5 à 10 centimètres au-dessus de la terre. On peut installer le scion sur une légère butte pour anticiper le tassement. Après mise en place, un arrosage d’environ 10 litres forme la cuvette d’arrosage et tasse le sol autour des racines, sans recouvrir la base du tronc.
Sauver un jeune arbre fruitier planté trop profond
Si un pommier ou un cerisier semble déjà peiner, un simple contrôle suffit : avec un petit outil, dégagez doucement la terre au pied. Si ni le collet ni le bourrelet de greffe ne sont visibles, il faut les mettre à l’air. On éloigne la terre en créant une cuvette large, mais peu profonde, qui garde l’eau d’arrosage sans coller au tronc.
Quand plus de quelques centimètres ont été enterrés, il peut être nécessaire de déplanter puis de replanter à la bonne hauteur en fin d’hiver, hors gel. Ensuite, un paillage en couronne, toujours décollé de quelques centimètres du tronc, limite les arrosages sans relancer l’humidité contre l’écorce. Les rejets vigoureux du porte-greffe au pied seront supprimés régulièrement, pour que toute l’énergie profite enfin à la variété greffée.
Sources
En bref
- En hiver comme au printemps, le scion fruitier souffre souvent d’une mauvaise profondeur de plantation qui étouffe collet et point de greffe.
- Une simple terre remontée sur le tronc favorise pourriture du collet, maladies cryptogamiques et rejets du porte-greffe, compromettant vigueur, floraison et future récolte.
- Des repères visuels simples et quelques gestes de sauvetage permettent pourtant de corriger un arbre fruitier planté trop profond, si l’on intervient à temps.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité