Bambous traçants au jardin : cette erreur avec un pot enterré que tout le monde fait les laisse filer partout
© Reworld Media
Enterrer un grand pot autour d’un bambou traçant rassure beaucoup de jardiniers français, jusqu’au jour où des pousses surgissent à plusieurs mètres. Que se passe-t-il alors sous la pelouse, et quelle véritable barrière anti-rhizome permet d’éviter la jungle ?
Scène familière : un massif de bambous qui danse au vent, un grand pot de maçon enterré tout autour, et la certitude d’avoir enfin dompté cette plante réputée envahissante. Le fameux pot enterré bambou se transmet de jardin en jardin, comme une astuce simple et rassurante.
Et puis, trois ou quatre ans plus tard, des pousses jaillissent au milieu de la pelouse, parfois à plusieurs mètres du massif. En creusant, on découvre le pot fendu, soulevé, traversé par des rhizomes épais comme des doigts. Pour comprendre ce qui s’est vraiment passé sous terre, il faut regarder le bambou d’un œil plus technique.
Pot enterré autour du bambou : la fausse bonne idée
Enterrer un grand pot en plastique, en zinc ou en terre cuite semble logique : on imagine que les parois vont jouer le rôle de mur anti-racines. En réalité, les bambous traçants, notamment du genre Phyllostachys, Pleioblastus ou Pseudosasa, avancent avec des tiges souterraines horizontales, les rhizomes, qui se comportent comme de véritables coins de fendage.
Au fil des saisons, ces rhizomes ont exercé une pression continue sur le contenant. Le pot s’est déformé, a commencé à se fissurer, puis les racines se sont engouffrées dans la moindre faille. Les trous de drainage au fond ont offert une sortie idéale vers le reste du jardin. Résultat : le pot enterré n’a fait que retarder l’invasion de trois à cinq ans.
Ce que les rhizomes trament vraiment sous votre pelouse
Nous avons tous déjà fait confiance à une astuce “vue chez le voisin” sans imaginer la force à l’œuvre sous le sol. Les rhizomes de bambou traçant cherchent en permanence de nouveaux espaces, contournent les obstacles, plongent sous les parois trop courtes et ressortent plus loin, parfois chez le voisin. Un simple pot, une tôle ou une bâche de récupération ne peuvent pas rivaliser avec cette mécanique ; seule une vraie barrière anti-rhizome ou le choix d’un bambou non traçant changent la donne.
La bonne méthode : barrière PEHD ou Fargesia tranquille
Pour un bambou traçant, la solution durable reste la barrière en PEHD, vendue en rouleaux chez Botanic, Truffaut ou Jardiland. On a creusé une tranchée de 65 à 70 cm, posé la membrane légèrement inclinée vers l’extérieur, laissé dépasser quelques centimètres en surface et refermé le tout après avoir soigneusement boulonné la jonction sur un profilé en aluminium.
Celles et ceux qui préfèrent la sérénité choisissent un Fargesia, bambou non traçant qui pousse en touffe compacte, sans besoin de barrière. Fargesia rufa, murielae ou robusta forment une haie brise-vue de 2 à 3 m, parfaite en jardin urbain ou en bac. Il suffit de le planter comme un arbuste classique, de préférence entre fin d’été et début d’automne, puis de surveiller une fois par an que rien ne s’échappe… sauf le plaisir de profiter de ce feuillage léger.
En bref
- 🌱 Après 3 à 5 ans, un pot enterré bambou finit fendu ou traversé, laissant les rhizomes traçants coloniser pelouse, massifs et même le voisinage.
- 🛠️ Une vraie barrière anti-rhizome en PEHD, bien dimensionnée et posée, ou le choix d’un Fargesia non traçant, change complètement la gestion des bambous.
- 🤔 Entre mythe rassurant du pot enterré et solutions techniques durables, ce guide montre comment éviter la jungle tout en profitant d’un massif de bambous.
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