Canicules et sécheresse : ce jardin n'a pas été arrosé depuis 6 ans, les 3 gestes pour économiser jusqu'à 90 % d'eau
© Reworld Media
À Angers, un jardin de Terra Botanica tient depuis six ans sans arrosage, malgré les canicules et les arrêtés sécheresse. Quelles astuces cachent ces 700 m² pour aider nos jardins à encaisser le changement climatique ?
En plein été, alors que les pelouses jaunissent et que les arrêtés sécheresse s’enchaînent, un coin d’Angers tient presque du mirage. Dans le parc Terra Botanica, un massif foisonnant d’arbustes, de graminées et de fleurs a traversé six étés brûlants… sans une goutte d’arrosage.
Ce « jardin sans eau » n’est pas un décor de cinéma, mais une expérience grandeur nature menée depuis 2019 par les équipes du parc. Objectif : imaginer un jardin d’ornement capable de résister au changement climatique, là où les canicules se multiplient. Ses secrets se déclinent en quelques gestes que l’on peut vraiment adapter chez soi.
À Angers, un laboratoire vivant face aux canicules
Imaginé en 2019 et ouvert au public au printemps 2020, le jardin expérimental de Terra Botanica a été arrosé seulement sa première année de vie. Depuis environ six ans, les jardiniers le laissent se débrouiller avec la seule pluie, malgré plusieurs étés marqués par des épisodes caniculaires.
Pour y parvenir, l’équipe a d’abord conçu un sol très drainant, puis choisi 120 espèces venues surtout du bassin méditerranéen et du sud de la France : arbousier, chêne vert, érable de Montpellier, lavande, romarin… « Il faut généralement entre six mois et un an pour qu’un jardin comme celui-ci devienne autonome, selon la pluviométrie », explique Florian Niatel à Angers Info. Le jardin a ainsi été pensé comme un espace d’expérimentation avant de devenir une vitrine du jardinage de demain.
Sol, racines, paillage : le triptyque du jardin sans arrosage
Concrètement, tout commence par un sol qui laisse l’eau filer en profondeur au lieu de stagner autour des racines. À la plantation, les équipes ont pratiqué un arrosage abondant, le fameux plombage hydrique, pour encourager les racines à plonger loin et rendre le jardin vraiment autonome ensuite.
Les plantes choisies savent économiser chaque goutte. Certaines portent un feuillage gris ou duveteux qui filtre le soleil, d’autres ont des feuilles épaisses et coriaces, voire des épines. Un paillage de graviers limite l’évaporation, garde le sol plus frais et évite que les mauvaises herbes ne pompent l’humidité.
Trois gestes pour adapter son jardin à la sécheresse
Nous avons tous déjà vu un massif assoiffé griller en quelques jours de canicule. Pour s’inspirer du jardin sans eau d’Angers, mieux vaut avancer par étapes : commencer par une zone très ensoleillée, alléger la terre avec du gravier, puis y installer des plantes sobres en eau et résistantes à la sécheresse.
- Remplacer progressivement pelouse et plantes très gourmandes par lavandes, romarins, sédums ou thyms couvre-sol.
- Arroser abondamment la première saison pour entraîner les racines, puis espacer les apports jusqu’à les arrêter.
- Étaler une couche de paillage minéral pour garder la fraîcheur et limiter les arrosages d’appoint.
Sources
En bref
- 🌿 En 2019, à Angers, Terra Botanica lance un jardin sans eau de 700 m², que Florian Niatel laisse évoluer six étés sans arrosage.
- 💧 Sol très drainant, plombage hydrique au départ, palette méditerranéenne et paillage minéral composent un jardin résistant à la sécheresse et aux épisodes caniculaires répétés.
- 🌱 Conseils et gestes inspirés de ce jardin sans arrosage esquissent un mode d’emploi pour transformer progressivement un extérieur classique en oasis plus sobre en eau.
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