Ce pot de fleurs rempli de paille dans les rosiers : les pucerons disparaissent, les pesticides restent au placard
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Intrigué par ce pot de fleurs rempli de paille planté au milieu des rosiers, un jardinier finit par questionner sa voisine. Derrière ce geste discret se cache une méthode de lutte biologique inattendue contre les pucerons.
Depuis la fenêtre, la scène intrigue : votre voisine coince un pot en terre cuite, bourré de paille, à l’envers sur un tuteur au milieu de ses rosiers. Ça ressemble à une déco bohème, pourtant ses rosiers restent impeccables et les vôtres se couvrent de pucerons.
Ce geste n’a pourtant rien d’une fantaisie. Il vient d’une pratique de vergers de pommiers, poiriers ou mirabelliers, où l’on a transformé un simple pot retourné en abri pour un petit insecte nocturne. Quand on connaît son identité, on comprend vite pourquoi les pucerons disparaissent.
Une déco de voisine qui cache un vieux piège de verger
Dans les vergers paysans, on a longtemps planté un tuteur, puis enfilé dessus un pot de fleurs renversé, garni de paille sèche, juste à hauteur des branches basses. Le pot en terre cuite gardait la fraîcheur et l’ombre, créant un véritable « piège‑abri » pour auxiliaires du jardin.
L’occupant visé est le perce‑oreille, aussi appelé pince‑oreille ou forficule Forficula auricularia, l’espèce la plus courante dans nos jardins. Ce petit insecte de 1 à 2 cm, de l’ordre des Dermaptères, porte des pinces au bout de l’abdomen qui lui ont valu une mauvaise réputation. Il n’entre pourtant pas dans les oreilles et n’a jamais piqué personne.
Le perce‑oreille, faux nuisible mais vrai garde du corps des rosiers
Le forficule a été accusé d’abîmer les fleurs, alors qu’il s’est révélé surtout utile. Cet auxiliaire polyphage grignote petits champignons, algues, lichens, mais aussi pucerons, psylles, acariens et œufs de limaces. Strictement nocturne, il se cache le jour dans le pot, puis sort chasser sur les jeunes pousses de rosiers une fois la nuit tombée.
Dans des vergers de poiriers, les observations et travaux de l’INRA ont montré qu’il régulait tellement bien le psylle du poirier que les pulvérisations sont devenues inutiles. Sur les rosiers, le principe est le même : à partir de mai‑juin, on installe un pot garni de paille sur le tuteur, et on évite tout pesticide qui tuerait cette petite armée.
Déplacer le pot là où les pucerons attaquent le plus
L’astuce de la voisine devient vraiment futée quand on fait voyager le pot. Au petit matin, on a tapoté doucement dessus : si quelques perce‑oreilles tombent, le gîte est occupé. Il suffit alors de décrocher le pot et de le replacer sur le rosier, le pêcher ou le prunier le plus infesté.
Cette lutte biologique mobile reste gratuite, mais elle impose quelques garde‑fous. Le pot ne doit pas cuire en plein soleil ni flotter sans contact avec les tiges, sinon il reste vide ou les perce‑oreilles grignotent des fleurs voisines. Sur pêchers, pruniers et abricotiers, on retire l’abri avant que les fruits soient mûrs ; sur les rosiers, aucun danger, et la petite faune du jardin vous dit merci.
Sources
En bref
- Au printemps, une voisine installe un pot de fleurs rempli de paille sur un tuteur, et voit ses rosiers soudain épargnés par les pucerons. 🌹
- Cette astuce crée un piège-abri pour le perce-oreille, auxiliaire nocturne qui participe à la lutte biologique dans les massifs de rosiers. 🐞
- En déplaçant simplement ce pot et en évitant les pesticides, le jardinier obtient une protection durable dont les effets sur les pucerons surprennent. 🧪
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