Jardin : cette plante aromatique « increvable » transforme votre potager en cauchemar vert en quelques mois

Publié le ParRédaction Elle adore
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Vendue comme aromatique inratable, la menthe envahissante peut en une saison étouffer fraisiers et vivaces. Comment éviter que ce faux bon plan ne ruine votre jardin ?

En ce début de février 2026, quand on rêve déjà de salades parfumées et de cocktails maison, une petite aromatique verte trône en vedette dans les rayons de jardinerie. L’étiquette promet une plante increvable, rustique, idéale pour débutants. À moins de trois euros le godet, parfum frais à la moindre caresse, tout semble réuni pour un achat plaisir.

Quelques mois plus tard, le charme est rompu. Ce qui devait rester un simple carré d’aromates a couvert plus d’un mètre carré, étouffant fraisiers et vivaces. La responsable a un nom très connu : la menthe envahissante, championne des jardins transformés en tapis vert uniforme. Une fois installée, cette plante devient un vrai casse-tête.

Menthe envahissante : la fausse amie vendue comme plante increvable

Le scénario se répète pour beaucoup de jardiniers. Devant le godet de menthe, le discours commercial rassure : vivace, rustique, supporte le froid comme l’oubli d’arrosage, pousse au soleil comme à mi-ombre. On promet des infusions apaisantes, des desserts parfumés, des mojitos à l’infini. Robuste, pas chère, cette plante paraît idéale pour remplir rapidement un coin nu.

Ce que l’étiquette oublie de dire, c’est le tempérament de conquérante de la menthe en pleine terre. Sous un feuillage dense et innocent, elle installe un réseau de rhizomes traçants qui ne connaissent pas la notion de limite. En quelques saisons, un massif autrefois varié peut se changer en monoculture de menthe, où fraisiers, fleurs et jeunes semis disparaissent l’un après l’autre.

Sous la pelouse, des racines qui courent : pourquoi la menthe envahit tout

À la surface, la menthe paraît sage. Sous terre, c’est autre chose. Ses tiges souterraines avancent à l’horizontale, parfois sur plusieurs dizaines de centimètres, voire des mètres, puis donnent naissance à de nouvelles pousses loin du plant d’origine. Un simple godet installé au printemps peut former un tapis serré couvrant plus d’un mètre carré dès l’automne.

Cette mécanique explique la difficulté à s’en débarrasser. Chaque fragment de racine blanc cassé lors d’un désherbage peut redonner un plant entier. En arrachant à la hâte, on fragmente le réseau et la menthe revient plus dense, comme une hydre végétale. Autre erreur fréquente : jeter racines et tiges au compost, où elles survivent si le tas ne chauffe pas assez.

Menthe envahissante : les bons réflexes pour limiter les dégâts

Quand le jardin est déjà colonisé, mieux vaut agir méthodiquement. Il faut d’abord délimiter la zone, puis travailler à la fourche-bêche, en soulevant des plaques de terre pour extraire un maximum de rhizomes à la main. Motoculteur et bêchage grossier ne font que découper les racines et alimenter l’invasion.

Les déchets de menthe ne doivent pas rejoindre un compost domestique tiède : direction déchetterie ou séchage complet au soleil avant broyage. Pour continuer à profiter de cette aromatique sans nouveau drame, la solution reste la culture en pot ou en bac hermétique, posé sur la terrasse ou enterré avec un rebord visible.

  • Surveiller chaque printemps les nouvelles pousses hors du bac.
  • Couper régulièrement les tiges qui tentent de marcotter.
  • Réserver la pleine terre aux aromatiques moins envahissantes.

En bref

  • En février 2026, un simple godet de menthe envahissante vendu comme plante increvable finit par transformer un carré d’aromates en tapis vert inquiétant.
  • Le texte explique comment les rhizomes traçants colonisent fraisiers et vivaces, et pourquoi certains gestes de désherbage ou de compost aggravent encore l’invasion.
  • Entre arrachage ciblé et culture en pot hermétique, des stratégies simples permettent pourtant de profiter de la menthe sans revivre ce cauchemar au jardin.