Laitues de fin d’hiver : cette méthode nordique les sauve à condition d’arrêter ce réflexe à la plantation
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En fin d’hiver, de nombreux jardiniers voient leurs laitues noircir et s’affaisser en quelques jours, malgré un arrosage appliqué. Une méthode nordique de plantation à sec s’attaque directement à ce coupable inattendu.
Au potager, la scène est connue : on profite d’une éclaircie de février pour repiquer de beaux plants de laitue, et quelques jours plus tard ils sont affaissés, flétris, parfois en bouillie. Beaucoup pensent au gel ou à un manque de soins, rarement à un excès d’eau.
En fin d’hiver, les sols restent froids et gorgés d’eau après des semaines de pluie. Cette humidité permanente crée un terrain rêvé pour les champignons qui s’attaquent aux jeunes racines. Une technique venue des régions nordiques bouscule pourtant les habitudes : la plantation à sec des laitues, qui consiste à ne pas arroser au repiquage.
Excès d’eau : la plantation à sec des laitues sauve la fin d’hiver
En février-mars, la fonte des semis frappe surtout dans les terres détrempées. Le sol saturé d’eau chasse l’oxygène dont les racines ont besoin pour respirer, elles s’asphyxient. Le collet se pince, brunit, puis la pourriture du collet couche la plante. L’excès d’eau nourrit aussi les maladies cryptogamiques qui transforment les petites pommes en amas visqueux.
Par réflexe, beaucoup ajoutent à ce tableau déjà humide un arrosoir de reprise bien rempli. L’eau froide du robinet, versée sur un sol lui-même froid, provoque un choc thermique et hydrique qui fragilise la laitue. La terre se compacte en boue autour de la motte, l’air ne circule plus, tout l’inverse du sol ressuyé dont la salade a besoin.
Planter les laitues à sec : la méthode nordique de la pluie
La méthode nordique de plantation part d’un principe simple : en fin d’hiver, le sol contient déjà assez d’humidité pour assurer la reprise. On repique donc les laitues sans verser une goutte d’eau, en comptant sur une perturbation pluvieuse annoncée dans les 24 à 48 heures. Ce délai crée un stress hydrique contrôlé qui pousse la plante à allonger vite ses racines.
Privées d’eau servie à la surface, les racines descendent chercher l’humidité plus bas. Elles colonisent un volume de terre plus large, s’ancrent mieux et redonnent vite des feuilles fermes. Les collets restent au sec, moins exposés aux champignons pathogènes comme la pourriture grise. Au jardin, on obtient des salades trapues, vert vif, qui supportent mieux les variations d’humidité.
Mode d’emploi : adopter la plantation à sec des laitues au potager
Tout commence par un sol préparé mais pas détrempé : on travaille la terre quand elle ne colle plus, on brise les mottes et, en terrain argileux, on ajoute du terreau sec dans le trou. La motte est posée sans eau, le collet bien dégagé, parfois légèrement au-dessus du niveau du sol. On tasse à peine, puis on laisse la pluie annoncée faire le reste.
Pour les nuits fraîches, un voile d’hivernage P30 peut compléter la méthode, à condition de ne pas coller au feuillage. On le pose à plat sur la terre, au pied des plants, pour entourer le collet sans recouvrir les feuilles. Le sol garde de la chaleur et les salades traversent la fin d’hiver sans fondre, prêtes pour des récoltes précoces.
Sources
En bref
- En février-mars, de jeunes laitues repiquées en sol froid et gorgé d’eau succombent souvent à la fonte des semis et à la pourriture du collet.
- Une méthode nordique de plantation à sec mise sur l’humidité résiduelle du sol et une perturbation pluvieuse proche pour renforcer l’enracinement des salades.
- Bien utilisée avec un voile d’hivernage P30, cette approche limite les maladies cryptogamiques et offre au potager des laitues de fin d’hiver étonnamment vigoureuses.
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