Rhubarbe : ces gestes secrets à faire en février que presque personne ne fait (et qui changent tout au printemps)

Publié le ParRédaction Elle adore
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En plein mois de février, quand beaucoup pensent le jardin encore endormi, les amateurs de rhubarbe s’activent déjà au ras du sol. Leur rituel discret à cette période décide pourtant de la générosité des tiges du printemps.

Au jardin, le mois de février ressemble souvent à une parenthèse vide. Beaucoup rangent encore la bêche, persuadés que tout commencera au printemps. Les amateurs de rhubarbe, eux, savent que c’est précisément là que se joue la différence entre quelques tiges chétives et des pétioles géants, juteux et croquants.

Sous la terre froide, les rhizomes charnus se remplissent déjà de sève, les bourgeons rouges ou rosés gonflent au ras du sol. Autour du 8 février, ce réveil discret s’accélère et la plante sort vraiment de sa dormance. Ceux qui connaissent bien la rhubarbe le guettent presque comme un rendez-vous secret. Tout commence par un regard posé au ras du sol.

En février, la rhubarbe se réveille déjà sous terre

La rhubarbe stocke toute son énergie dans ses rhizomes durant l’année précédente. En février, ces réserves se remettent en mouvement, les premiers « yeux » colorés percent la surface. Attendre avril pour intervenir revient à laisser la plante consommer ses forces sans aide. Les initiés profitent de ce moment où le feuillage n’est pas encore déployé pour approcher le pied sans le blesser.

Ils commencent par un grand nettoyage. Feuilles pourries, tiges sèches, herbes collées au collet sont retirées à la main. Ces débris abritent limaces et maladies et gardent le sol froid. En dégageant délicatement le cœur de la souche, la terre se réchauffe plus vite et les bourgeons profitent mieux de la lumière, ce qui lance une croissance plus vigoureuse.

Le rituel caché : nourrir et diviser la rhubarbe en février

La rhubarbe fait partie des plantes les plus gourmandes du potager. Un sol appauvri donne des tiges fines et fibreuses. Les amateurs répandent alors autour du pied une couche de 3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé, parfois complétée d’un engrais organique à libération lente comme la corne broyée, sans jamais recouvrir le collet. Un léger griffage suffit pour que les pluies d’hiver entraînent les nutriments vers les racines. Les bons ingrédients restent simples :

  • Compost bien mûr en deux belles pelletées par pied.
  • Fumier de cheval ou de vache impérativement composté.
  • Une poignée de corne broyée pour nourrir longtemps.

Quand le pied a plus de quatre ou cinq ans, un autre geste s’impose : la division des touffes. Le centre est souvent creux, dur, très peu productif. Les connaisseurs déterrent alors toute la souche avec une bêche affûtée, la tranchent net et ne gardent que les éclats du pourtour portant un ou deux beaux bourgeons et de belles racines. Ces morceaux sont replantés aussitôt dans une terre ameublie et enrichie, pendant que la partie centrale épuisée part au compost.

Paillage et forçage : l’ultime astuce des amateurs de rhubarbe en février

La rhubarbe supporte le froid, mais ses jeunes bourgeons gorgés d’eau restent vulnérables aux gelées tardives. Après l’amendement et la division, les passionnés ne laissent jamais le sol nu. Ils installent un paillage de paille, de feuilles mortes ou de BRF en couronne autour du pied, en laissant les bourgeons à l’air libre. Ce manteau protège la vie du sol, limite les herbes concurrentes et garde une humidité constante, surtout après un bon arrosage de reprise.

Dernier secret souvent ignoré : le forçage. En posant en février une cloche opaque ou un grand pot en terre cuite retourné sur un pied vigoureux, on crée une chaleur douce et une semi-obscurité. Quelques semaines plus tard, les tiges obtenues sortent plus tôt, plus tendres et moins acides. De quoi comprendre, au printemps, pourquoi certains voisins ont toujours une longueur d’avance sur les tartes à la rhubarbe.

En bref

  • En février, autour du 8, la rhubarbe Rheum rhabarbarum se réveille sous terre et ses premiers bourgeons rouges apparaissent au ras du sol.
  • Nettoyage de la souche, apport de matière organique et parfois division des touffes structurent un rituel précis que les jardiniers confirmés répètent chaque année.
  • Paillage ciblé et forçage sous cloche complètent ces gestes d’initiés, avec à la clé des tiges surprenantes dont l’origine discrète passe souvent inaperçue.