Chauffage au sol : laisser votre chien dormir dessus fait plus de dégâts que vous ne l’imaginez, préviennent les vétos
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Installé en étoile sur le carrelage chaud, votre chien semble nager dans le bonheur hivernal. Pourtant, ce confort apparent impose à son corps un prix caché.
En février, le froid colle aux vitres, mais dans le salon le carrelage est doux sous les pieds grâce au chauffage au sol. Juste là, votre chien est allongé de tout son long, ventre collé au carrelage, l’air complètement détendu. On se surprend à envier ce cocon de chaleur, persuadé qu’il a trouvé l’endroit parfait pour faire la sieste.
Cette image rassurante revient dans beaucoup de foyers équipés d’un chauffage au sol. Pourtant, les vétérinaires voient de plus en plus de chiens qui payent cher ces heures passées directement sur une surface chaude. Sous son pelage, la chaleur constante venue du sol dérègle peu à peu son organisme. Derrière cette sieste tranquille, son corps encaisse bien plus que vous ne l’imaginez.
Chien et chauffage au sol : un confort trompeur pour son corps
Le corps du chien ne fonctionne pas comme le nôtre. Il transpire très peu par la peau et se refroidit surtout en haletant, mais aussi en collant son ventre et ses coussinets sur un sol frais pour y évacuer la chaleur. Avec un plancher chauffant, tout se renverse : à l’endroit où il cherche normalement du frais, il reçoit une chaleur continue, impossible à fuir tant qu’il dort.
Résultat, son corps absorbe des calories sans arrêt, un peu comme si vous restiez coincé dans une couverture chauffante qu’on ne peut pas éteindre. La température interne monte doucement, sans déclencher d’alerte immédiate. Le chien peut se mettre à haleter en plein sommeil, se réveiller agité, changer souvent de place. Chez un animal âgé, brachycéphale ou en surpoids, cette hyperthermie discrète peut aller jusqu’au malaise.
Veines, cœur et peau : ce que le plancher chauffant impose à votre chien
Quand tout le dessous du corps repose longtemps sur un sol chaud, la vasodilatation devient générale et le retour veineux se ralentit. Le sang stagne plus facilement dans les extrémités et certains organes, le cœur doit pomper plus fort pour tout faire circuler. Chez un chien cardiaque ou sujet à une insuffisance veineuse, ces siestes au ras du sol ajoutent un effort inutile chaque jour.
Le plancher chauffant assèche aussi énormément l’air au niveau du sol. Collée au carrelage, la peau du ventre subit une déshydratation locale intense, la barrière cutanée se fragilise et des dermatites par assèchement apparaissent. On voit alors apparaître pellicules, démangeaisons et poil terne. Quelques signes doivent vous alerter :
- Pellicules en plaques sur le ventre et les flancs.
- Démangeaisons ciblées après les siestes sur le sol.
- Poil terne, cassant, qui tombe davantage en hiver.
Les bons réflexes pour protéger votre chien du sol chauffant
La solution n’est pas de couper le chauffage, mais de rompre le contact direct. L’idéal est un panier surélevé, type lit de camp, qui décolle le chien de 10 à 15 centimètres et laisse l’air circuler sous lui. Si vous préférez un panier classique, choisissez une base en mousse épaisse ou mémoire de forme d’au moins 5 à 8 centimètres, évitez la simple couverture posée à même le sol, et pensez à laisser de l’eau fraîche à disposition.
En bref
- En plein hiver, un chien étalé sur le chauffage au sol profite d’une chaleur trompeuse qui agit silencieusement sur son corps sans alerter personne.
- Dormir directement sur le plancher chauffant dérègle la thermorégulation du chien, sollicite cœur et veines, et fragilise sa peau exposée à un air très sec.
- Aménager un couchage surélevé et isolant change discrètement la donne pour votre chien, avec quelques réflexes simples qui transforment sa relation au sol chauffant.
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