En février, faites vite ce geste discret sur vos pommiers… ou vous n’aurez presque pas de pommes cet été

Publié le ParRédaction Elle adore
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Fin d’hiver, vos pommiers semblent endormis, pourtant un geste discret décide déjà de la future récolte. Encore faut-il l’effectuer au bon moment et au bon endroit.

Dans certains jardins, les branches ploient sous les pommes, dans d’autres les arbres restent presque nus. Même drôle de contraste alors que tous ont subi le même hiver. En février, lorsque le verger semble figé par le froid, un geste discret prépare déjà la récolte à venir, sans que l’on s’en doute.

Ce geste crucial, c’est la taille du pommier en février, juste avant la montée de sève. L’arbre est encore en repos végétatif, sans feuilles, et la sève est redescendue dans les racines. Les coupes cicatrisent mieux, l’arbre souffre moins et l’énergie sera dirigée vers les bons bourgeons au printemps. Tout commence là.

En février, la taille du pommier oriente la sève vers les futures pommes

En fin d’hiver, la sève s’apprête à remonter vers les rameaux. Tailler maintenant revient à choisir où ira cette énergie : vers du bois inutile ou vers les fruits. Si vous attendez trop, les plaies cicatrisent moins bien. On intervient donc par temps sec, sans gel, après un ou deux jours sans pluie.

Un pommier non taillé devient vite un fouillis sombre où l’air circule mal, terrain idéal pour la tavelure ou l’oïdium. En ouvrant son cœur pour obtenir une forme en gobelet, la lumière pénètre partout. Chaque pomme a besoin d’environ cinquante feuilles actives pour grossir : si l’arbre nourrit trop de bois, les fruits restent petits.

Avant de couper, apprendre à reconnaître les bons bourgeons

Avant le premier coup de sécateur, il faut savoir ce que l’on garde. Sur les rameaux, deux types de bourgeons cohabitent et ne jouent pas le même rôle :

  • L’œil à bois, fin, pointu, plaqué contre la branche, produit surtout du bois et des feuilles.
  • Le bouton à fleur, ou lambourde, plus gros, arrondi, parfois duveteux, porte les futures fleurs et donc les pommes.

Pour la taille de fructification, on raccourcit surtout les rameaux latéraux. Comptez trois yeux à partir de la base d’une branche secondaire et coupez juste au-dessus du troisième, orienté vers l’extérieur. Vous rapprochez ainsi les fruits de la sève nourricière. Les gourmands, ces pousses très verticales et vigoureuses, sont à supprimer car ils consomment beaucoup d’énergie sans donner de pommes.

Après la taille, protéger l’arbre… et soutenir la vie autour

Une fois la taille terminée, coupez net les plus grosses branches et appliquez un mastic de cicatrisation dès que la plaie dépasse deux ou trois centimètres. Désinfectez votre sécateur à l’alcool entre deux arbres et ramassez bois coupés et fruits momifiés pour éviter que champignons et parasites ne s’installent.

Pour la faune, certaines pommes peuvent rester en place : « Les fruits blets, dont la chair s’est ramollie, apportent une source de nourriture à la petite faune sauvage jusqu’au début de l’hiver. », explique Refuges LPO, cité par Positivr. « Tard en automne, les frelons européens adultes et les guêpes se nourrissent des fruits trop mûrs, mais aussi certains oiseaux comme le Merle noir, la Fauvette à tête noire ou encore la Mésange bleue. », poursuit Refuges LPO. « Les mammifères en profitent aussi, comme le Lérot ou le Loir gris. Il faut donc laisser sur place suffisamment de fruits, sous les pommiers et les poiriers mais aussi sur les arbres. », ajoute Refuges LPO.

En bref

  • En février, les jardiniers amateurs voient leurs pommiers en repos végétatif, période idéale pour intervenir sans trop fatiguer l’arbre.
  • La taille du pommier en février réoriente la sève vers les bourgeons à fruits, éclaircit la ramure et réduit les risques de maladies cryptogamiques.
  • Soins des plaies, outils désinfectés et quelques fruits laissés à la faune transforment ce geste discret en rendez-vous décisif pour le verger.